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22.01.2008

So British part 2

Un certain nombre de mes lecteurs m’ont fait remarquer que ma « francitude » n’était pas convaincante. Peut-être ai-je encore une chance de m’en tirer avec les honneurs en démontrant la « britishude » de David ? Hein ?

Allez, soyez sympa ; je viens de me prendre dans la tronche une critique pourrie de chez Lattès -pourrie dans le sens où elle remet en cause l’esprit même de mon  roman, et m’incite fortement, si je persévère dans l’espoir d’être publiée, à tout réécrire, ou à peu près. En gros on m’explique gentiment que le contexte de mon récit (haute montagne) fait au lecteur une promesse implicite, qu’il s’attend à de grands frissons, du danger, des aventures palpitantes, et au lieu de cela je lui sers trois narrateurs ennuyés qui ne pensent qu’à leurs petits maux et à leurs problèmes de cœur tout en se traînant d’un camp à l’autre. Je pensais faire dans le genre décalé, mais il semble que ce ne soit pas satisfaisant à la lecture… j’ai donc le choix entre :

 

 

1)      réécrire en faisant du Frison-Roche,

2)      lâcher l’affaire complètement,

3)      accentuer le côté décalé en espérant que l’aspect parodique amusera le lecteur sus-mentionné (qui est décidément bien pénible), et compensera l’absence de morts, de chutes dans les crevasses, de sacrifice héroïque.

 

 

Donc par pitié, sur ce blog, dites-moi des choses comme : « Histoire parfaitement conçue, répondant exactement aux attentes du lecteur ! »

 

Je blague, évidemment (je précise puisqu’il semble que l’humour subtil de second degré avec lequel on est convaincu d’avoir écrit en tant qu’auteur ne soit pas toujours évident à la lecture… !)

 

 

Revenons un peu à mon David. Souvenez-vous : il m’a larguée devant chez moi comme un colis encombrant, et est rentré chez lui très certainement soulagé par ce délestage.

Une fois seule à l’intérieur, le gouffre entre mes attentes et le désastre de cette soirée m’est apparu dans toute sa béance ; j’ai eu un moment de désespoir intense et j’avais le choix, je pouvais tomber dedans ou le combler, alors j’ai sorti toutes les glaces que je gardais précieusement au congélateur.

Vanille, noix de pékan et rhum-raisin ; le tout agrémenté de chantilly en bombe. J’ai fait un café, je me suis mise à table dans le noir ; j’ai tout mangé et tout bu avec lenteur, l’esprit de plus en plus vide et l’estomac de plus en plus rempli.

Repue de crème, abrutie de sommeil, je me suis traînée dans les escaliers jusqu’à ma chambre et me suis effondrée toute habillée sur mon lit.

 

 

David s’est muré dans un silence obstiné plusieurs mois durant, laissant sans réponse le petit mail apaisant que je lui ai envoyé le lundi suivant. Je n’en ai pas été très étonnée. Ni vraiment triste d’ailleurs ; j’étais suffisamment occupée avec Mike.

 

 

Mes chances de revoir David allaient s’amenuisant ; mais un soir de la fin janvier, à une conférence donnée par l’alpiniste célèbre Joe Simpson, qui a tout à fait compris, lui, la soif de son lectorat pour les aventures extrêmes et ne se prive pas d’en mettre des tartines dans le genre, qui vois-je, assis très droit à quelques rangées derrière moi et fixant l’estrade de ses petits yeux bleus avec un sérieux inimitable ? David en personne.

Que faire dans ces cas-là ? Il était tentant de prétendre ne pas l’avoir remarqué. D’ailleurs peut-être m’avait-il vue et faisait-il semblant de son côté.

Mais soudain, ses yeux se sont trouvés plantés dans les miens et il a eu un sourire de surprise heureuse, comme s’il était content de me voir. A la fin de la conférence, cependant que la foule compressée s’évacuait lentement par les allées menant aux sorties, il a fait à contre-courant les quelques mètres qui nous séparaient :

-         Bonjour. Quelle bonne surprise !

-         Euh… oui, c’est plaisant de se revoir comme ça…

Je marchais sur des œufs. Et si j’allais lui faire peur encore ? Surtout ne pas poser la question qui me montait aux lèvres : « Et pourquoi tu n’as pas répondu à mon mail ? Hein ? »

J’ai réussi à me retenir.

-         Je suis avec des amis mais… nous allons tous au pub, ce serait un plaisir si tu voulais bien te joindre à nous, a demandé David.

Décidément, il n’avait pas changé : ces manières, cette politesse parfaite que j’avais prises pour un intérêt tout spécial… je devais faire attention à ne pas me faire avoir une seconde fois. Mais aller au pub avec ses potes ne semblait pas démesurément risqué.

 

 

Nous avons passé un bon moment. Un très bon moment, même. Il pleuvait dehors ; David me tenait par le bras, serrée contre lui sous son parapluie. Nous marchions lentement vers le pub. Les « amis » parlaient entre eux. David et moi entretenions une conversation légère mais qui semblait intime et particulière. C’était comme si rien n’avait eu lieu ; comme si j’avais rêvé cette soirée chez lui et le malaise subséquent.

 

 

David m’a raccompagné à White City ; je savourais le plaisir de me retrouver à l’intérieur de cette voiture alors que l’ambiance était si détendue, tellement à l’opposé du trajet dont j’avais le pénible souvenir. Il s’est arrêté dans la petite impasse déserte où se trouvait la maison. Toujours dans l’idée de ne pas l’effrayer, j’avais déjà ouvert la portière en prenant garde de ne pas mentionner un possible rendez-vous quand David m’a dit :

-         Tu sais ce que nous pourrions faire, si cela te tente naturellement, c’est passer un week-end dans le Lake District.

-         Ah bon ?? Mais… tous les deux, tu veux dire ?

-         Oui, tous les deux… si tu veux, bien sûr.

Il a rougi et fait son sourire agrémenté du petit bruit de salive qui m’avait irritée parfois, mais que je retrouvais avec plaisir.

-         Ce serait bien pour toi. Tu as besoin de t’entraîner… tu pars fin mars, il faut s’y mettre. Je ne veux pas dire que tu n’es pas assez entraînée, je suis sûr que tu l’es, mais ça pourrait être bien quand même, on n’en fait jamais trop…

Le pauvre, il s’empêtrait dans ses justifications. J’ai eu pitié.

-         David, ce serait parfait, ai-je conclu en posant la main sur son bras.

Il a rougi encore plus fort.

 

 

Le jour de la Saint Valentin, j’ai reçu cet énorme bouquet de roses à mon bureau, de la part de David. D’abord j’étais si déçue qu’elles ne viennent pas de Mike que je ne pouvais penser à rien d’autre qu’à cette blague de mauvais goût que me faisait l’univers. Ce type qui ne me plaisait qu’à moitié, qui m’avait de plus snobée pendant des semaines… et il m’envoyait des roses ? Alors que l’autre, qui ne pouvait terminer un mail sans écrire « I love you », n’était même pas fichu de me téléphoner.

Quelques jours plus tard, j’ai reçu un coup de fil … de David.

-         Il faudrait que je te demande quelque chose. Je vais réserver l’hôtel pour notre week-end et… c’est un très bon hôtel, n’est-ce pas… vraiment près des montagnes…

Il a digressé pendant dix minutes avant d’en venir à l’objet de son appel :

-         Voilà, je peux réserver deux chambres ou une seule. Et si je prends une seule chambre, je peux demander un grand lit, ou deux lits simples. Alors…

-         Alors ? (petit plaisir de le sentir si gêné.)

-         Eh bien… qu’est-ce que tu en penses ? (bruit de salive particulièrement agaçant dans le combiné.)

-         J’en sais rien, moi. Tu fais comme tu veux.

 

 

J’ai raccroché, en colère contre cet indécis qui n’en finissait pas de me demander mon avis. J’avais vaguement conscience de me tromper et d’être en tort : au fond, j’avais raccroché au nez de David parce que j’étais furieuse contre moi-même de ne pas réussir à faire un choix, trop engluée dans mon histoire d’amour avec Mike. Je pensais avoir fâché David.

Mais pas du tout : « tu as raison. C’est à moi de décider. Je réserve donc une chambre double, avec un seul lit. Si toutefois tu n’étais pas d’accord, merci de me le dire rapidement afin que je change la réservation. Encore désolé de m’être montré aussi hésitant… », m’écrivait-il.

Quel brave type. Je ne pouvais guère m’accrocher à ma mauvaise humeur.

 

 

Le soir de notre arrivée, le temps était épouvantable. Nous roulions sous la pluie depuis plusieurs heures et il était tard.

La chambre était grande. Un peu rose, un peu moche mais confortable. Le lit faisait au moins 180 cm de large. Tant mieux. N’ayant toujours pas réussi à décider de ce que je voulais, j’aimais autant avoir la possibilité de me réfugier au bord, loin de tout contact.

Je me suis glissée dans les draps à côté de mon compagnon. Il était un peu ridicule avec son pyjama rayé. Très anti-sexe.

Jusque là, nous ne nous étions pas touchés et je ne savais que faire.

-         Bonne nuit, a dit David en éteignant sa lampe.

-         Bonne nuit.

Nous étions dans le noir le plus complet quand j’ai senti un bras froid et mou comme une limace se glisser autour de moi, essayant de me ramener vers le centre du lit. Coopérative, je me suis laissée faire, sans grand enthousiasme. Je comparais malgré moi cette étreinte maladroite à la façon que Mike avait de se coller à moi, de m’attraper tout le corps… David m’a embrassée légèrement dans le cou. Je n’ai pas réagi.

-         Bon, je crois que je suis fatigué ce soir, a dit David avec un grand tact. Tu ne m’en veux pas, n’est-ce pas ?

-         Non, pas du tout, je comprends très bien.

Me libérant de son bras, je me suis hâtée de migrer vers le bord de la couche. David n’a pas tardé à ronfler. J’ai mis mes boules Quiès.

 

 

Il faisait toujours très mauvais le lendemain ; la marche dans les collines désertes était peu plaisante. De plus, David marchait très lentement et je devais l’attendre sous la pluie tous les quarts d’heure. Nous avons sagement décidé de lâcher l’affaire vers midi. Après le déjeuner, David s’est mis à bailler.

-         Désolé, a-t-il dit pour la dixième fois de la journée. Je ferais bien la sieste, je crois. Et toi ? Bien sûr, si tu préfères t’entraîner… marcher encore, euh… je t’accompagnerai avec plaisir, a ajouté précipitamment David avec l’air de consentir un énorme sacrifice.

-         Non, ça va aller je crois, l’ai-je rassuré.

 

Et de nouveau, le lit. Nous étions habillés certes, mais la question de la veille flottait dans l’air confiné de la chambre rose : câlin ou pas câlin ? David ne semblait pas d’humeur entreprenante : il m’a rapidement tourné le dos et s’est endormi.

Pas sommeil. Que faire ?

Je commençais à me lasser de l’éternelle correction, de la galanterie, de la raideur. Qu’avaient donc signifié ces fichues roses de la Saint-Valentin ? Un peu de passion que diable !

A défaut de passion, j’ai fouillé ma valise à la recherche de mon livre. Un papier traînait au milieu de mes vêtements. C’était la facture que Mike m’avait envoyée le mois précédent, quand nous avions encore une relation amoureuse qui ressemblait à quelque chose. Elle avait dû glisser de mon bouquin.

Mike me faisait une ristourne de mille dollars et surtout, il avait écrit ce petit mot : « Missing you –Mike ». Succinct, certes, mais je l’avais lu et relu, subjuguée par l’énergie évidente qui se dégageait de cette écriture ferme et pressée. Un homme, un vrai ; pas la chose inerte à côté de moi. Il fallait peut-être lui faire comprendre, à celui-là, qu’il avait de la concurrence. Le rendre jaloux.

J’ai posé la facture sur une petite table, bien en évidence avec le post-it dessus.

 

 

David s’est réveillé lentement après deux heures de coma.

-         Tiens, si nous allions prendre le thé ?

Logique. Il était quatre heures. David s’est frotté les mains de plaisir anticipé.

Je ne me réjouissais pas spécialement à l’idée de boire du thé, mais sortir de la chambre nous ferait passer devant la petite table ; avec un peu de chance David, qui avait pour Mike une grande fascination, presque une vénération, comprendrait quelle valeur j’avais sur le marché et combien il avait de la chance d’être là avec moi. Il me renverserait sur le lit et on ne parlerait plus de thé.

Je l’ai vu jeter un coup d’œil au papier. Lire le mot… se diriger vers la porte.

-         C’est Mike, ai-je précisé inutilement. La facture que m’a envoyée Mike. Pour le voyage.

-         Ah oui, je vois, a-t-il dit. Hmmm… un bon thé bien chaud.

 

 

J’ai passé le restant de la journée à parler de Mike. D’abord de façon allusive, puis de façon plus claire, puis en enfonçant carrément le clou :

-         J’ai passé lé réveillon chez Mike, ai-je précisé.

-         Ah, oui, a dit David de son air intéressé et poli qu’il avait toujours. Et c’était agréable ? Avait-il invité beaucoup de gens ?

Il m’a encore demandé ce que Mike avait cuisiné, si sa maison était grande et s’il la louait les six mois par an qu’il ne l’occupait pas.

Je commençais à comprendre que loin d’inciter David à l’action, ma stratégie se révélait des plus refroidissantes. Je pouvais être tranquille : il ne me toucherait plus.

 

Au matin, de fort mauvaise humeur après une nuit absolument pas torride, je suis allée ouvrir au garçon qui apportait le plateau du petit déjeuner avec un journal :

-         Ah non, ai-je dit avec emportement. Remportez ça, on n’en a pas besoin.

J’ai fermé la porte derrière le type interloqué et j’ai porté le bazar jusqu’au lit. David se redressait, les yeux encore à demi-clos. Il a regardé le plateau.

-         Mais… il n’y a pas de journal ? Qu’est-ce que c’est que cet hôtel ? Je vais me plaindre à la réception.

-         C’est à dire que… j’ai demandé au garçon de le remporter…

-         Hein ? Mais pourquoi ? J’aime beaucoup mon journal du dimanche matin.

David semblait terriblement déçu.

 

 

Nous avons eu une drôle de journée, à nous regarder en chiens de faïence comme deux étrangers que le hasard a contraint à passer du temps ensemble. Oh, mon compagnon était demeuré parfaitement agréable et arrangeant, mais je sentais que le cœur n’y était pas ; de mon côté, j’ai pris un malin plaisir à le semer dans les collines détrempées.

A quinze heures, nous reprenions avec soulagement la route pour Londres, moi toujours aussi aimable, frustrée d’avoir bousillé ma seconde chance avec David même s’il ne me plaisait pas vraiment, lui toujours aussi « British ».

Commentaires

POur ce qui est de Lattès, au moins, ils ont lu avec intérêt :-). A ta place j'opterais pour l'option 3) en rajoutant des scènettes à coté des montagnes. C'est là où tu te sens le + à l'aise non? ;-)

Ecrit par : cassiopée | 22.01.2008

Moi, je pense que tu ne dois rien changer suite au mot de Lattès. Ils ont lu à peine quelques pages au hasard, c'est clair, ils ont fait quelques "sondages", comme on dit. Et ils ont donc raté le côté décalé. Si tu l'accentues, les prochains qui liront quelques pages te diront que c'est trop caricatural, qu'on n'y croit pas etc. Il m'est arrivé un truc comparable sur mon manuscrit de l'année dernière: dans une lettre dite "personnalisée", on me disait que ceci allait, que cela clochait... et je me suis aperçu qu'ils n'avaient pas vu l'ironie constante du récit. D'où 3 hypothèses: 1) mon ironie était indétectable (mais franchement, sur 200 pages...). 2) les "pros" qui m'ont lu sont complètement débiles (à ce point, c'est peu probable). 3) ils ont lu l'ensemble TRES vite (ça, c'est sûr). C'est ce qui fait que certaines lettres "personnalisées" sont aussi peu utiles que les lettres impersonnelles.
Quant à ton histoire du jour, je la trouve parfaitement conçue et répondant exactement à mes attentes de lecteur. (ça t'apprendra à faire ton incomprise:). Je me demande en revanche ce qui se passait dans la tête de David pendant ce week end (si ça se trouve, il est volcanique... à l'intérieur); ce qui serait encore plus intéressant, c'est d'avoir le récit du week end raconté par David... (tu veux pas le recontacter pour savoir? _ hi hi hi il deviendrait fou)

Ecrit par : Marco | 22.01.2008

Hum, je préfère cette deuxième partie (« Histoire parfaitement conçue, répondant exactement aux attentes du lecteur ! »). Enfin, aux attentes du lecteur perspicace, car seul le titre laisse présager de l'éventualité d'une suite. Enfin bref.

D'ailleurs, au risque de passer pour...heu, je ne sais pas pour qui, il m'est arrivé récemment cette mésaventure, de ne pas vouloir pousser l'audace plus loin que nécessaire avec une fille qui en avait envie, alors j'essaierai de me placer du point de vue de David, ça peut être intéressant!

Pour la solution Lattès, je te conseille le Frison-Roche: résultat convenu, mais certainement très drôle à écrire.

Ecrit par : Benoît | 22.01.2008

ben dis donc, c'est pas croyable tes mésaventures.
Tu es d'un self contrôle impressionnant , d'une gentillesse et d'une politesse rares, et fallait être vraiment une huître pour ne pas s'en apercevoir. Mais quand même, tu t'es encombrée la vie avec des sacrés numéros, non ? Deux jours entiers avec David, moi je hurle et je lui pète les dents de devant !

Ca me rappelle une nuit à Barcelone.. Bon, j'ai qu'à l'écrire sur mon blog, hein. Mais disons que je me suis mise au lit avec un type qui, en fait, ne m'appréciait pas du tout. On a essayé quand même et évidemment, ça ne marchait pas. Alors ça a été Hôtel du Cul Tourné toute la nuit, sauf que je me retournais régulièrement pour engueuler le pauvre type.


Et puis, la lettre de Lattès, un conseil : tu fabriques une petite poupée de chiffon, tu l'entoures avec le courrier, et tu enfonces des épingles dedans, là précisément où ça fait mal. Bien fait.

Clopine, comment ça agressive ? Galadrielle se traîne tout un week-end avec une huître à la montagne, et on voudrait que je ne sois pas énervée ?

:>))

Ecrit par : Clopine Trouillefou | 23.01.2008

@Cassiopée : à vrai dire, c'est un peu ce que j'envisage, de réécrire en accentuant le décalage. Frison-Roche, j'aime bien mais bon.

@Marco : si ce n'était que Lattès, je penserais comme toi, mais j'ai eu une critique exactement dans le même sens de quelqu'un qui a tout lu, alors... évidemment, je peux toujours me dire que c'est MOI qui ai raison envers et contre tous, et qu'après tout même Proust a été refusé des dizaines de fois, mais quand même... je n'ai pas confiance en moi à ce point! C'est pourquoi j'envisage une mise au repos de mon texte quitte à le reprendre dans quelques temps... (ou pas. Peut être que je trouverai ça tellement nul en le relisant que j'aurai envie de laisser choir.)
Quant à David, le soir de notre rencontre, il m'a dit que son film préféré était "les vestiges du jour". Ce truc avec Anthony Hopkins en majordome coincé. En me confiant cela, il me donnait la clef de son personnage, mais je ne l'ai pas compris sur le moment bien sûr! (et je suis toujours en contact avec David, aussi étonnant que cela puisse paraître. Et il est toujours célibataire!!)

@Benoit : c'est pas évident pour les mecs, c'est vrai. Si tu essaies d'aller plus loin que ce que veut la fille, c'est foutu, elle aura toujours peur que tu la violes! Non j'exagère, mais disons que tu risques qu'elle t'étiquette gros lourd et là c'est foutu. J'ai une certaine indulgence pour les mecs dans ce type de situation. C'est pourquoi j'avais accepté de revoir David, mais bon, le cas était tout de même difficile!

@Clopine : OK, ce pauvre David était un peu une huître. Mais il avait ses bons côtés. Par exemple, et cela je ne le raconte pas, une fois ce week-end désastreux terminé et toute idée de relation amoureuse définitivement chassée de nos esprits, il s'est révélé d'une grande patience en tant que confident de mes galères. Je l'ai appelé à deux heures du matin après une soirée particulièrement pourrie avec Mike et il m'a écoutée gentiment...
Puis faut quand même admettre que j'ai été assez con pendant le week-end : lui mettre sous le nez ma relation avec Mike en espérant que ça le réveillerait, c'était vraiment très bête comme stratégie. D'ailleurs en lisant ma note, mon mari m'a dit qu'il aurait réagi de la même façon que David, à savoir, ça l'aurait complètement calmé. La jalousie ça ne marche pas toujours! En fait le David, il devait être vert de terreur à l'idée de chasser sur les terres de Mike...

Ecrit par : galadrielle | 23.01.2008

Comment ça, "vert de terreur"? Mauvaise langue! C'était peut-être juste un homme fairplay, d'une loyauté sans faille!
Bon, tu le réhabilites un peu dans ton commentaire, c'est gentil de ta part. En revanche, j' avoue qu'un homme qui choisit "Les vestiges du jour" comme film culte, c'est pas récupérable :)

Ecrit par : Marco | 23.01.2008

Pour Lattès, c'est d'une certaine façon un peu ce que je te disais non?
N'essaie pas de trouver des solutions toutes faites. Parfois il suffit vraiment de changer des bricoles pour accentuer un aspect, ou un autre. un peu comme mettre de la couleur, de la lumière sur certains endroits.
En tout cas, quelqu'un a pris la peine de te répondre de façon détaillée. Ce qui est très bon signe. Je comprends que tu ne sois pas contente de ce qu'il te dit, ça fait cet effet là. mais tu vas voir, toutes les critiques sont bonnes, elles vont te forcer à penser: Sur quoi je ne céderai pas dans ce roman. Qu'est-ce que je refuse d'abandonner? Qu'est-ce que je peux faire bouger sans renoncer à mon projet?

La décision d'édition se joue à des bricoles, si dérisoires qu'on en pleurerait.
C'est pour ça qu'on doit envoyer son manus quand on a fait du mieux qu'on pouvait et qu'on est sûr de ne plus pouvoir avancer tout seul.

Ecrit par : Pibole | 24.01.2008

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