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21.01.2008

So British, part 1

Cet après-midi, sortant de chez moi pour aller courir dans le parc, je suis tombée sur ma voisine habillée comme un sac, pressée, accrochée à une poussette depuis laquelle sa fille de un an me regardait avec antipathie –  cette gosse ne peut pas me sentir, je crois que c’est parce que je suis la seule nana de l’immeuble qui ne gâtifie pas en la voyant. Je n’ai pas un instinct maternel très développé ; à cela  s’ajoute le fait que je ne peux pas encadrer cette enfant. Ses façons geignardes, les grimaces qu’elle fait, son air faux-cul…

-         Je suis à la bourre, a dit la voisine. Faut que j’emmène Zoé à la halte-garderie. Pendant ce temps j’irai faire les courses chez Champion, après je la récupère, puis faut que je fasse la cuisine, Stéphane a invité des amis, j’ai acheté une sole au marché y’a un super poissonnier tu sais, c’est rare les bons poissonniers, d’ailleurs si tu veux savoir où trouver des poires vraiment exceptionnelles… mais je te laisse, j’suis vraiment la bourre, on s’appelle, hein ?

-         Oui, on s’appelle. Moi faut que j’aille acheter du lait à la pharmacie, ai-je dit sans aucun souci de vraisemblance vu que j’étais en short et que j’avais mon Ipod dans les oreilles.

Nous étions tellement dans un rôle que tout ça se disait sans vraiment en avoir conscience, machinalement ; n’importe quelle mère de famille s’adressant à n’importe quelle autre. Ce n’était pas une conversation entre deux personnes, mais entre deux archétypes.

Tandis qu’elle filait vers le portillon de la résidence, je me disais : on essaie à toute force d’être des individus, mais on se passe son temps à se comporter de façon éminemment prévisible, c’est bien triste. Encore qu’on ne s’en rende pas vraiment compte quand il s’agit de soi. C’est beaucoup plus visible chez les autres.

 

 

Par exemple, réalise-t-on à quel point on est conditionné par sa nationalité ? Je ne m’étais jamais sentie particulièrement française avant de vivre à Londres. J’y étais depuis un mois à peine quand un autre français (qui lui, s’était expatrié plusieurs années auparavant) m’a fait cette remarque : « Tu es très française ». J’ai été très vexée. Mais cela devait être vrai, puisqu’il est arrivé plusieurs fois que des anglais que je venais de rencontrer s’exclament : « you’re French » avant même de m’avoir adressé la parole.

Je ne sais pas ce qui est tellement français chez moi ; je me vois trop de l’intérieur. Mais je comprends aujourd’hui à quel point les gens sont englués dans des codes, manies, façons d’être et même façons de penser propre à leurs origines et à leur nationalité en particulier. Moi qui ai toujours voulu croire que les gens étaient avant tout des individus…

Naturellement, rien n’est plus parlant qu’un bon exemple et je vais donc raconter une petite histoire à visée toute pédagogique.

 

 

Je vivais depuis un certain temps à Londres et j’avais eu un certain nombre de relations amoureuses, mais assez peu avec les indigènes : c’est ainsi, quand on est étranger quelque part, on rencontre d’autres étrangers. Les Anglais qui fréquentent les expatriés sont en général un peu marginaux, eux-mêmes mal intégrés dans leur propre communauté, d’où leur prédilection pour les étrangers qui, moins au fait des codes sociaux, ne se rendent pas compte tout de suite qu’ils ont affaire à un freak et sont, de plus, bêtement reconnaissants quand on leur témoigne de l’attention.

Mais moi, je n’étais déjà plus si étrangère que ça ; je ne tombais pas dans le panneau. En conséquence, je fréquentais assez peu d’Anglais, si l’on excepte ceux avec qui je vivais à White City. Puis j’ai rencontré David.

 

 

Avant de partir en expédition dans l’Himalaya avec l’équipe de Mike, j’avais tenu à me renseigner auprès d’anciens clients ayant effectué le même genre de périple. Mike m’avait transmis une liste. Seul David vivait à Londres. Nous étions convenus de boire un verre ensemble pour discuter de son expérience.

Ce soir de la fin Août, j’attendais David en terrasse d’un pub donnant sur Holland Park. Je me demandais à quoi il pouvait bien ressembler. Sa voix était pleine de promesses, grave et profonde, elle prenait ses aises et s’installait dans les phrases comme dans des fauteuils. Je ne le connaissais pas, mais cette voix m’avait donné envie de me blottir. De jeter l’ancre. De me reposer auprès de quelqu’un.

J’avais beau faire celle qui s’en fout, j’en avais assez de ma fière solitude.

 

 -         Hi. I’m David.

 

Dans le contre-jour se tenait un corps grand et massif, qui donnait chaud rien qu’à le regarder. Il ressemblait à sa voix.

En me levant, j’ai constaté qu’il n’était pas aussi grand que je l’avais cru ; et son crâne légèrement dégarni sur le dessus le vieillissait. Mais ce n’était pas laid, c’était touchant et digne. Et il possédait une mâchoire bien carrée, des dents blanches. Quand il regardait au loin, menton en avant et regard d’acier, on aurait dit un général russe surveillant les steppes glacées.

Le sérieux lui allait bien ; contrairement à la plupart des gens, il perdait beaucoup de son charme en souriant. Son visage se colorait curieusement et prenait l’allure d’un vieux papier peint : ça plissait et ça rougissait de partout. Juste avant le désastre, David émettait un petit grognement surpris, d’air et de salive mêlés.

C’était un homme qui n’aurait jamais dû se laisser aller à sourire, ni à quitter son costume. Si je l’avais rencontré sur l’Everest, en polaire et pantalon gore tex, je ne lui aurais probablement pas accordé plus d’un regard. 

 

 

Nous vidions lentement nos verres en parlant du Tibet, de l’Everest, de Mike, de ses clients. Je me sentais prise d’une grande langueur, dans le soir tombant.

David m’enveloppait toute entière dans ses gestes mesurés et sa pondération rassurante. C’était fluide et facile ; je me sentais comme dans ces restaurants très chics et très chers où tout arrive exactement en temps voulu et comme par magie.

 

 

J’ai revu David trois ou quatre fois. Chaque soirée se déroulait exactement comme elle devait se dérouler, sans fausse note, me laissant avec un sentiment assez rare de perfection. Notre intimité progressait avec une lenteur rassurante et correcte, dans une confiance grandissante, raisonnable. David m’a proposé de venir dîner chez lui à l’exact moment où cela devenait la prochaine étape naturelle de notre histoire…

 

 

C’était un vendredi soir de la fin septembre.

Lorsque j’ai quitté White City, j’étais sûre de ne pas revoir mes colocataires avant le lendemain matin. J’ai même hésité à glisser une nuisette dans mon sac à main.

David habite près d’Acton. C’est à des kilomètres à l’ouest de Londres. Pour un Parisien ce serait la lointaine banlieue, mais à Londres, c’est pratiquement le centre.

Il m’attendait à la station dans une longue auto grise, discrète et de bon goût, si confortable que j’ai failli m’endormir pendant le trajet.

 

 

L’appartement de David était vaste mais curieusement nu : aucune photo, aucun tableau au mur, pas de bibelots, même pas de plante verte.

La salle à manger, brune et noire dans le jour mourant, était particulièrement triste ; les voilages aux fenêtres laissaient passer quelques rayons brumeux qui faisaient une tache glauque sur l’énorme commode à gauche. Au centre une lourde table marron foncé en bois massif occupait pratiquement toute la surface, entourée de quelques chaises à dossier haut et très droit.

La porte voisine donnait sur le salon. La moquette était très rouge, le canapé très vert. Il y avait une table basse avec un dessus en verre, un téléviseur énorme et une bibliothèque en bois sombre remplie de DVDs et de livres de montagne. Aucun soupçon de goût. Rien n’allait avec rien. Quant à la chambre, elle était impersonnelle et confortable, comme à l’hôtel.

 

 

David m’a servi à boire ; nous avons discuté dans la cuisine cependant qu’il finissait de préparer les entrées.

Après deux verres, je ne le trouvais plus tellement moche cet appartement, je m’y sentais à l’aise et j’étais encore plus certaine de l’issue de la soirée, d’autant plus que David avait de ces façons de s’approcher de moi pour me parler, presque à me toucher de son grand corps ; et je me sentais fondre, dans la chaleur de sa voix qui hésitait parfois. Il semblait intimidé, c’était délicieux. Je ne parvenais toujours pas à aimer son sourire mais il me venait un certain sens du compromis. Avec un peu de temps je ne doutais pas de pouvoir m’y habituer. Surtout si David continuait de se montrer aussi empressé.

Comme j’avais un petit haut sans manche, et qu’il faisait un peu frais, j’ai esquissé le geste de me frotter les bras pour les réchauffer ; il m’a immédiatement demandé si je désirais qu’il monte le chauffage. A peine avais-je fini mon verre qu’il me resservait avec une promptitude grave.

Je me reposais. Quelle différence avec les rapports d’égalité et de camaraderie que j’entretenais jusque là avec des hommes qui craignaient de me tenir la porte de peur que je les accuse de machisme !

Cette sacro-sainte égalité, c’était appréciable certainement ; mais une parenthèse était bienvenue. J’avais très envie qu’on s’occupe de moi, qu’on me parle doucement et qu’on me manipule comme une poupée fragile. Je me voyais très bien en femme choyée. Je n’aurais plus à me battre, au fond pourquoi aller m’emmerder sur l’Everest si je pouvais trouver le repos ici auprès de David, il me raconterait tout, me montrerait toutes les photos, ce serait pareil, ah oui s’arrêter enfin.

 

 

Puis le repas a été prêt, nous sommes passés dans la salle à manger. Je ne sais pas si c’était le froid de cette pièce, ou l’attitude de David, mais quelque chose avait changé. Je n’étais plus protégée par David. Je sentais de nouveau le mordant de ma vie, des relations comptées où chacun donne ce qu’il reçoit, pas plus.

Je n’avais pas faim. J’attendais, toute seule dans ce moment de creux, contre le dossier rigide, que ça se passe. Je chipotais dans mon assiette et je n’étais plus sûre de rien. Le vin était bon et la conversation facile ; pourquoi ça n’allait plus ?

 

 

Dans ces cas-là, moi, j’ai un truc : je provoque. Je pose des questions extrêmement personnelles. Parfois ça marche, on ouvre le robinet et l’autre n’en finit plus de se répandre ; ce n’est pas bon pour la relation mais ça sauve la soirée. Du court terme en somme.

-         Alors David, tu as déjà eu des histoires sérieuses ?

La question tombait comme un cheveu sur la soupe ; nous n’avions jamais encore abordé le sujet.

David a souri. Sifflement salivaire plus prononcé qu’à l’accoutumée, manifestant sa surprise ; puis, non sans une certaine componction, il a répondu par le récit de sa dernière relation avec une Chinoise qui ne parlait que le Chinois et avait fini par rentrer en Chine.

-         Et à part ça ?

-         Euh… eh bien c’est tout.

Il a rougi et souri de nouveau avec cet insupportable petit bruit.

 

 

J’ai eu un grand moment de découragement. Un goût métallique me montait dans la bouche. J’ai vu très clairement que rien ne serait possible entre David et moi. J’avais envie de rentrer chez moi.

A défaut, j’ai fini la deuxième bouteille de Chardonnay. Pourtant je sentais que la chose raisonnable, la chose à faire, était de cesser de boire et de rester polie et souriante, un peu distante, de ne pas trop tarder après le dîner pour qu’on se sépare dans des dispositions amicales ; puisqu’au fond, ce type ne me plaisait pas.

Seulement, voilà : mon corps attendait quelque chose. Il s’était fait à l’idée, lui. Et l’alcool n’avait rien arrangé.

Je regardais David et malgré moi, j’imaginais la douceur de ses lèvres sous mes doigts ; son sourire heureux, ses yeux éclaircis de jeunesse et d’espoir amarrés aux miens, son visage légèrement penché en arrière… ses lèvres entrouvertes ; de mon index j’en effleurais l’intérieur tendre, vulnérable… nous ne respirions plus… nos corps en attente se rapprochaient imperceptiblement, dans une impatience maîtrisée où grandissait une tension de plus en plus difficilement supportable…  

Mon désir gonflait, bouillonnait comme un torrent qui se retient. Je me tortillais douloureusement sur ma chaise rigide, à attendre que David suggère de passer au salon et pensant que, dans la mollesse du canapé, je n’aurais qu’à laisser les choses se faire, qu’à lâcher les eaux pour que ça tombe et on serait tellement englouti dedans qu’il n’y aurait plus de raison.

 

 

-         Je vais faire un café. Tu veux regarder un documentaire sur l’Everest ?

Encore ? J’en avais jusque là de voir la face Nord sous tous les angles. Mais si ça pouvait le mettre à l’aise, d’avoir l’air de regarder un film.

Il a mis la vidéo en marche. En équilibre instable à l’extrême bord du canapé, nous avions besoin de nos deux mains pour manipuler avec précaution les tasses brûlantes.

J’ai pensé que, si nous laissions passer trop de temps, une gêne s’installerait et nous resterions tous les deux figés comme des briques jusqu’à la fin du film, et c’en serait fini pour ce soir-là.

 

 

Je me suis enfoncée dans les profondeurs du sofa, tout en inclinant le buste vers David, d’abord imperceptiblement, puis de plus en plus. Il s’est penché en avant pour se débarrasser de sa tasse ; j’en ai profité pour m’effondrer davantage et  lorsqu’il s’est s’affalé contre le dossier, il n’a pu faire autrement que de recevoir ma tête sur son épaule.

Mais il ne se passait rien. J’étais collée à David et il demeurait tout raide ; j’en avais des douleurs partout à force de me contorsionner.

Enfin il a poussé un long soupir, s’est étiré puis a laissé tomber sur le dossier un bras interminable ; je me suis retrouvée tout naturellement dans le creux de son épaule… un long moment encore ; puis il a laissé pendre sa main, qui s’est trouvée se poser sur moi.

Que tout ceci était long. J’en avais marre de jouer. Mon corps se rebellait ; il exigeait une bouche, des mains, tout de suite. N’importe quoi de chaud et de vivant aurait fait l’affaire.

Toute frémissante j’ai embrassé très doucement la joue à portée de mes lèvres, cette joue large et si proche que je sentais sa tiédeur sur ma peau.

David est resté sans réaction pendant quelques secondes interminables, puis il s’est enfin tourné vers moi, sans me regarder, et il a effleuré mes lèvres de sa grande bouche, maladroitement, brusquement. Je ne lui ai pas laissé le temps d’être trop embarrassé ; j’ai avancé de nouveau mon visage vers le sien, et nous avons enfin eu un vrai baiser.

 

 

Soudain la bouche de l’homme est devenue dévoreuse, sa langue me fouillant sans ménagements tandis que je reculais dans le canapé pour me mettre à l’abri. Allait-il me déshabiller sauvagement pour ensuite régler mon sort à même le sol ? J’avais envie et je n’avais plus envie, vaguement dégoûtée.

Mais non, il ne se passait rien ; simplement les baisers s’éternisaient, la langue plus indiscrète encore, la bouche si largement ouverte qu’elle happait une partie de mon menton et menaçait d’engloutir mon nez. Nos baves mêlées me mouillaient tout le visage.

Je me demandais comment nous sortir de là lorsque brutalement, David a décollé ses lèvres ventouses de ma peau. Il m’a regardée avec son petit air gêné.

 

 

Il s’est carrément détourné de moi, s’est installé bien au creux du sofa, complètement captivé par le film : c’était la fin et il y avait eu des morts ou, tout au moins, un mort, puisqu’on voyait un corps à moitié pris dans la glace, en train de geler.

 

 

Ecœurée mais encore empêtrée de mon désir, j’avais chaud au visage mais froid aux mains, des frissons dans tout le corps et les yeux grand ouverts fixés sur la télévision ; le film n’a pas tardé à s’achever sur une envolée lyrique tout à fait typique et savoureuse, « mais que vont donc chercher ces hommes sur cette montagne hostile ».

David s’est tourné vers moi :

-         Il est tard… je devrais te ramener chez toi.

 

 

Certes, je ne voulais pas m’embarquer dans une histoire avec lui ; mais quelle humiliation de rentrer chez moi !

-         Tu sais, je peux rester ici… dormir sur le sofa ? Par terre… ?

 

 

Même si je ne l’ai pas dit, j’étais prête à payer tous les tributs qu’il exigerait et la supplication dans mes yeux ne laissait certainement aucun doute à ce sujet.

-         Je préfère te reconduire, a-t-il répondu en bredouillant, tout rouge. Tu peux rester si tu veux mais… je ne suis pas prêt je crois…

 

 

Plus de général russe qui tienne ; c’était la retraite de l’armée, à pieds et dans la boue.

Nous sommes donc partis de chez lui, moi muette et sombre comme je sais faire quand je boude. Je boudais très fort. Nous sommes montés dans la voiture, galamment il m’a tenu la portière et tout, il n’osait plus me regarder ; je m’obstinais dans mon mutisme rageur. Il a avancé vers moi une main timide, que j’ai rejetée froidement, sans le regarder.

-         Je suis désolé, a balbutié le pauvre homme.

 

 

Je suis restée de marbre. Une déesse du silence. Je savais qu’il n’y avait plus rien à faire, que David allait bel et bien me larguer devant chez moi, à White City. J’étais triste comme une pantoufle abandonnée.

Il a arrêté la voiture face à la maison, prenant la peine de faire un détour pour me déposer juste devant. Je suis descendue sans mot dire, j’ai fermé la portière sans la claquer et me suis éloignée d’une démarche altière, sans un regard en arrière.

Bien inutilement, car j’ai entendu la voiture s’éloigner avant même que je n’aie atteint ma porte…

 

 

Naturellement, David ne m’a plus donné signe de vie. J’ai mis longtemps à comprendre que ce n’était pas de sa faute : le pauvre, je lui avais fait peur. Trop française pour lui… !

Commentaires

C'est passionnant, mais on ne voit pas trop le rapport entre la première partie, et la seconde ; ou plutôt, on ne voit pas, dans la seconde partie récit, la "francitude" (ah ! Merci Ségolène d'avoir ouvert la porte au néologisme à la barbare !!) qui, d'après toi, te vaut ta déconvenue. "J'étais trop française", dis-tu... mais rien dans la scène met en cause directement cette caractéristique;. D'autant que les David ont parfois des motifs bien obscurs, et tus. La loyauté envers un ami, par exemple (ne connaissait-il pas MIcke ?). Ou la fidélité envers un engagement antérieur... Ou tout simplement le fait qu'ils sont, au fond, de vrais trous du cul...

Va savoir. Je t'admire de ne pas avoir posé la question : "Pourquoi non ?" ; dans ces coups de temps-là, quand ça chauffe je veux dire, j'étais beaucoup plus brutale que toi. Je disais carrément "j'ai envie de toi, c'est oui ou c'est non ?". Certes, le type était ainsi un peu scotché, tel un rat dans un angle de pièce, mais au moins c'était clair. Et, si mes souvenirs sont exacts et sans vouloir me pousser du coude, j'ai eu proportionnellement bien plus de "oui" que de "non"; hélas, effet de mon détestable caractère, les deux ou trois nons reçus m'ont laissé des souvenirs bien plus présents, qu'un certain nombre de "oui" ! Maudite propension à ressasser les échecs...

Bien à toi, je t'adore !

Clopine

Ecrit par : clopine trouillefou | 21.01.2008

D'accord avec Clopine sur ce coup: une Anglaise aurait-elle été emballée par la soirée à thème ventouses devant fin de film lyrique? Fallait-il vraiment une Française pour effrayer ce pauvre David, que tu avais élevé au rang de général russe un peu vite?

Ecrit par : Marco | 21.01.2008

Ah Londres...je ne vois pas encore très bien en quoi la francitude est un problème, parce que je trouve justement les manies, codes, etc... très importants lol. Mais c'est vrai aussi que je ne m'en rends compte que depuis que je ne suis plus en France. Est-ce que tu préférerais être 100% british, ou "citoyenne du monde"?

Du coup même remarque que Marco et Clopine, je ne vois pas le rapport entre les deux parties, ce qui ne m'empêche pas de bien les aimer, séparément...Mais pour David, bon, tu n'y étais pas pour grand chose, apparemment, c'est lui qui avait l'air d'avoir des problèmes, Francitude ou pas!

Ecrit par : Benoît | 22.01.2008

Bonjour à tous, je vais faire une réponse collective puisque vous êtes tous du même avis :-)
Ce qui signifie que quelque chose cloche dans mon texte! Voilà ce que je voulais dire : en tant que française, je me suis sans doute montrée trop ... trop chaude, trop directe, trop exigeante avec le pauvre David qui n'avait pas l'habitude d'être dragué de la sorte. Je pense aussi que je lui ai fait peur avec mes questions très personnelles, à brûle-pourpoint, un côté "intense" qui n'est pas très bien vu outre manche. De plus j'ai été très mal élevée ensuite, quand, dans la voiture, j'ai ignoré ses excuses alors qu'il était horriblement embarrassé et qu'un authentique British déteste par-dessus tout de telles situations de conflit, surtout quand on ne le laisse pas en sortir...
Cela dit, je conçois que le côté direct que je relie à ma nationalité est peut-être plutôt lié à moi; ce qui invaliderait en effet partiellement la "thèse" sous-jacente à ce texte...

Ecrit par : galadrielle | 22.01.2008

Galadrielle, pas vous ! Ce vieux cliché de la française "saute-au-paf", voyons !! Et il n'y a pas que les authentiques British qui détestent les situations de conflit. J'incline même à penser que c'est un trait universellement... masculin.

Mais je vous imagine, surtout à l'époque, un peu effrayante, c'est vrai. Non parce que vous êtes frenchie, mais à cause de la solide santé sexuelle affichée. Les voies du désir étant ce qu'elles sont, (tout sauf impénétrables, du point de vue féminin, si je peux me permettre, mais néanmoins souvent tortueuses), vous étiez sûrement trop directe, effectivement, pour notre homme.

Et puis vous avez l'oeil aigu, l'oreille sûrement frémissante et l'odorat en parfait état de marche. Imaginez-vous une belle renarde, toute de rousseur assumée, devant un fort Apollon de basse-cour, coq faraud mais à la voix quelque peu étranglée, et un peu mou du bide. N'a-t-il pas eu peur de se faire un tantinet croquer ? Peur parfaitement justifiée, d'ailleurs, puisqu'à des années de distance, vous le "croquez" encore si bien ?

Bonne journée à vous

Clopine

Ecrit par : Clopine Trouillefou | 22.01.2008

Pour ce qui est du look française, je pense que c'est dû en grde partie à l'habillement. Sinon, ton anglais qui malgré son âge avancé n'avait pratiquement aucune aventure, tu ne penses pas que c'était un "freak"? D'un autre coté, c'est vrai que les anglosaxons ne sont pas très chauds. Ils ont dû conserver un peu de culture victorienne :-). Ce qui est bête, c'est que comme tu as dit que ttes les histoires les + truculentes avaient déjà été racontées, je devinais qu'il ne se passerait rien, zut ça a un peu cassé le suspense ;-)

Ecrit par : cassiopée | 22.01.2008

@ Clopine : eh merde, je suis démasquée! Pitié, laissez-moi le privilège d'user des clichés faciles; c'est si agréable! En fait plus j'y pense, plus je me dis qu'en plus de tout, je n'ai pas été si directe que ça. En fait il était vraiment coincé cet homme. Mais j'attire souvent ce genre de personnes, allez savoir pourquoi.

@ Cassiopée : je vais réfléchir, essayer de dénicher une histoire un peu gore de derrière les fagots. Et oui, tu as raison, c'était un peu un "freak" ce type, mais un "freak" avec du charme et du maintien. Donc ça ne se voyait pas tout de suite!

Ecrit par : galadrielle | 22.01.2008

En tout cas, j'adore ta manière d'expliquer les moments hot !
J'ai eu une aventure similaire une fois, il y a fort fort longtemps... roulages de pelles et touti quanti, mais ça n'allait jamais plus loin... moi j'ai posé la question, mais ce n'était pas la réponse que j'attendais : blocage suite agression sexuelle. Ca a calmé mes ardeurs pendant un bon bout de temps.

Ecrit par : Marie | 29.01.2008

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