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07.01.2008

On the Market

Plus le temps passe, plus ça se rapproche : le retour à la vie active. Cette perspective fait naître en moi un mélange complexe  de sentiments ; j’ai envie de passer ma journée parmi des adultes à parler d’autre chose que de bébés, mais je ne me réjouis que modérément à l’idée de retrouver un chef exigeant de moi que je produise ceci ou cela pour tel jour. Et ces réunions aussi ennuyeuses qu’inutiles, mais où il faut être sinon les gens sont fâchés…

Bref, toute cette petite comédie de l’obéissance qui me rappelle un peu mes années d’école - à l’époque, la « Phobie Scolaire » n’existait pas ; dommage… et l’on n’a pas encore inventé la « Phobie du Travail » donc il va bien falloir que je retourne gagner ma croûte comme tout le monde.

 

« Gagner sa croûte ». Expression qui évoque la sueur, la pénibilité, le mérite… faut pas exagérer. Si je suis de bonne foi, je ne peux associer mon boulot à ces termes. Tout de même, c’est rarement très rigolo d’aller bosser… quoique… ça dépend…

 

 

Quand je suis arrivée à Londres, j’ai rapidement dû chercher du  taf. On m’avait dit : essaie les banques d’affaires, ils aiment bien les Français, en plus on se fait de la tune. Je me souviendrai toujours de mon entretien chez Salomon Smith Barney : j’ai été reçue par un petit mec prénommé Paul, assez désagréable, qui m’a d’abord enfermée une heure durant dans un bureau avec un QCM technique. Puis nous avons eu un bref entretien au cours duquel il m’a présenté le poste pour lequel j’avais inconsciemment posé ma candidature :

-         Ici, les traders arrivent vers sept heures, sept heures et demie. Faut être prêt pour l’ouverture du marché… comme vous êtes là pour les assister, faut y être en même temps, puis certains soirs on vous demandera de rester tard pour corriger un bug. Vous devez savoir que les traders sont des gens plutôt… impatients. Faut les comprendre, hein, ils peuvent perdre ou gagner des milliers de livres sur un deal. Vous avez une bonne résistance nerveuse j’espère ?

 

Il m’a alors expliqué la suite du processus de sélection : si j’étais retenue à la suite de notre entretien, je serais convoquée pour une journée de mise en situation avec un trader. Nous serions tous les deux dans une pièce, chacun avec son PC, et le trader me demanderait de régler ses problèmes au fur et à mesure.

J’ai hoché la tête en essayant de ne pas verdir de panique ; avec un peu de bol je serais renversée par un bus en chemin et on n’en parlerait plus. En fait, je n’ai pas eu à m’en faire très longtemps : on m’a dit « non » dès le lendemain.

 

Pour finir, j’ai trouvé un job chez Liffe : « London International Financial Futures Exchange ». Un peu comme le L.S.E, mais pour les futurs et les options. Une bourse, quoi. Et ça n’avait rien, mais alors rien à voir avec une banque d’affaires.

 

L’époque était facile ; c’était en 2000, avant l’explosion de la « bulle internet ». On gagnait plein de sous. Chez Liffe, il y avait un système de bonus et cette année-là, il était doublé. Chez Liffe, on allait au club de sport entre midi et deux : c’était littéralement la porte à côté et la cotisation exorbitante était prise en charge par la boîte. Et chez Liffe, tous les jeudis soir et parfois également le vendredi midi, c’était la mode de se rendre au pub avec son équipe. J’étais parfois de la partie mais, ce jour-là, j’avais pris la ferme résolution de brûler les excès de la veille sur un vélo elliptique de la salle de sport pendant une heure et demie au moins.

-         Rejoins-nous après, m’a proposé Duncan, un rouquin chauve et laid que j’aimais bien.

-         Ce sera trop tard. Je ne vais pas sortir avant quatorze heures.

-         Passe toujours !

 

Quand je suis sortie après mes deux heures de gym, j’étais à la fois flottante et merveilleusement consciente de mon corps, de mes muscles, avec cette impression si extraordinaire d’être montée sur ressorts qui faisait de chaque pas une jouissance ; je me suis arrêtée un instant près de la rivière, immobile et fraîche dans la douceur de juin. Je n’avais pas envie de retrouver l’écran de mon ordinateur. Un petit verre de vin au pub, voilà qui était beaucoup plus tentant. Prolonger cette ivresse par une autre ivresse… hmmmm….

 

 

Au pub, la fête battait son plein : autour d’une grande table jonchée de verres et de bouteilles, les rires fusaient, on se coupait la parole et on parlait fort pour se faire entendre ; ils étaient beaucoup plus nombreux que ce à quoi je m’étais attendue, une bonne dizaine ; je ne les connaissais pas tous. Il faisait chaud et je me suis mise immédiatement à transpirer. Je n’étais pas sûre de vouloir rester mais Duncan m’avait vue. J’étais coincée.

-         Tiens, viens donc là, a-t-il lancé en désignant sa chaise, je vais me pousser.

J’ai posé ma fesse gauche comme j’ai pu sur le bout de chaise, si bien calée par mon voisin de droite que je tenais assise pratiquement sans efforts.

 

-         Hi.

J’ai levé les yeux. Le type en face de moi me souriait. Il était jeune, moins de trente ans ; un visage de garçonnet creusé de fossettes et des yeux clairs, des cheveux châtains un peu en désordre ; une mèche retombait sur son front. Je ne l’avais jamais vu. Pas mal du tout. Mais portant une alliance. Dommage. Moi j’étais complètement libre. Sur le marché en somme. Et, depuis quelques temps, le volume des transactions semblait vouloir diminuer. Etais-je déjà en train de vieillir, et mon action avait-elle commencé à s’effondrer ? Fallait-il que je passe de la crème hydratante à la crème anti-âge au rétinol actif ? Ces questions essentielles me tourmentaient beaucoup.

 

-         Je suis Ian, a dit le beau gosse en me tendant la main à travers la table. Je viens d’arriver chez Liffe. Tu veux quelque chose à boire ?

Il parlait d’une voix monocorde, sans faire chanter les syllabes, comme pressé de dire ce qu’il avait à dire et un point c’est tout. Pas du tout british comme façon de s’exprimer.

 

Il s’est levé pour aller me chercher un verre de vin blanc. Avec sa chemise à carreaux, son pantalon de toile beige, il avait vraiment l’air d’un gosse.

-         Je suis néo-zélandais, a-t-il précisé quand il s’est rassis en me tendant mon verre presque dans un même mouvement.

J’ai tout de suite aimé cette franchise, cette netteté en lui. Une reposante absence de fioritures –je commençais à me lasser des périphrases, des manières enveloppantes et des excuses si fréquentes que ce « I’m sorry » me semblait de plus en plus s’apparenter à un tic de langage dénué de sens.

 

 

J’étais à jeun, fatiguée par le sport ; Ian m’avait apporté un grand verre de vin blanc – 25 cl, donc un tiers de bouteille. J’étais complètement partie.

Dans mon champ de vision rétréci, il n’y avait plus de place que pour Ian, sa mèche folle, ses fossettes et ses yeux verts, ses dents grandes et écartées, ses lèvres rosées un peu épaisses mais aux contours si précis qu’elles semblaient dessinées sur sa figure. Nous parlions sans arrêt, avec enthousiasme, comme deux adolescents qui se découvrent et tombent sous le charme l’un de l’autre.

-         Un autre verre ?

-         Euh… ok, mais après faut vraiment que j’aille bosser…

 

Il était trois heures. Le second verre a achevé de me faire perdre toute notion du temps, mais j’avais tout de même vaguement conscience du fait que je n’étais pas censée être là ; d’ailleurs j’avais la chaise pour moi toute seule à présent : Duncan était parti. En fait, nous n’étions plus que quatre ou cinq. Puis nous n’avons plus été que deux.

-         Ian… faut vraiment qu’on y aille…

Ma voix était pâteuse et je m’en rendais compte. En me levant, j’ai été prise d’un léger vertige et je me suis raccrochée à la table.

-         Ça va ?

-         Mouais…

Ça me faisait rire de sentir à quel point j’étais saoule, et l’idée que j’allais, dans cet état, retourner bosser m’a fait plus rire encore.

-         Bon, on y va. Je vais t’aider un peu, a dit Ian, soudain sérieux.

Il m’a pris par le bras et nous avons marché vers la sortie.

 

  Dehors, une lumière chaude, un air lourd de milieu d’après-midi ; les rues alanguies étaient désertes et les immeubles si fatigués qu’ils allaient peut-être tomber là, devant nous. Ian a lâché mon bras et pris ma main. Nous avons lentement remonté le trottoir en direction des bureaux de Liffe, à cinquante mètres à peine. Je sentais très précisément le contact des doigts de Ian entrelacés aux miens et qui caressaient le dos de ma main. Nous étions presque arrivés quand il s’est arrêté net, s’est tourné vers moi.

-         Tu sais, je ne crois pas que tu puisses retourner travailler.

Il s’est rapproché de moi et, me tenant toujours la main, a embrassé doucement mes lèvres. Puis il a pris mon visage entre ses paumes et m’a embrassée de nouveau, plus longuement. Comme c’était agréable… j’avais envie de me coucher là, par terre, avec lui…

-         Euh… excuse-moi… je ne sais pas ce qui m’a pris.

 

  Il avait reculé d’un pas et me regardait sans sourire.

-         Ecoute, je vais te mettre dans un taxi. Tu vas rentrer chez toi. D’accord ?

-         D’accord… comme tu veux…

M’aurait-il demandé d’aller sur la lune, j’aurais dit oui. Du moment que je n’avais rien à faire.

Avant de me pousser dans le taxi, il s’est de nouveau penché sur moi et m’a fait un baiser incroyable. Puis il a fermé la portière, et moi, j’ai fermé les yeux en pensant à ses lèvres pendant tout le trajet, sauf à la fin quand j’ai dû les garder ouverts pour lutter contre la nausée.

 

 

Tous les matins, je dormais dans le métro pendant quarante minutes ; le temps du trajet depuis White City jusqu’à Bank. Mais ce lundi-là, l’idée de revoir Ian perturbait mon sommeil.

Son bureau pouvait être n’importe où dans l’Open Space ; peut-être à deux mètres du mien, peut-être diamétralement opposé par rapport aux larges escaliers roulants qui montaient depuis l’accueil et débouchaient sur deux entrées face à face. Si tel était le cas, il y avait de grandes chances que je ne revoie pas Ian avant la prochaine sortie au pub du vendredi. Tantôt cette idée me tranquillisait, tantôt elle me serrait le cœur.

 

Mais j’ai vu Ian. De loin, mais je l’ai bien vu : il travaillait là, à dix, quinze mètres peut-être, pas suffisamment près pour que je puisse être sûre qu’il me regardait, mais pas suffisamment loin pour que je parvienne à l’ignorer ; et je n’ai rien fichu de toute la matinée.

Que faire ? Je désespérais de trouver une issue quand, vers midi, je l’ai vu se lever, marcher droit sur moi. Et cette fois c’était clair, il me transperçait du regard.

-         Tu déjeunes avec moi ?

Il m’a fait un clin d’œil.

 

Un quart d’heure plus tard, n’ayant bien sûr pas pu trouver un banc de libre dans toute la City, nous étions installés sur une petite marche face à Cannon Street , collés l’un à l’autre. Ce qui était bien naturel, étant donnée l’étroitesse de la plate-forme. Les voitures, les gens pressés ne me troublaient guère ; je faisais semblant de manger en dévorant Ian du regard.

-         Ça fait seulement deux mois que  nous sommes ici, Janet et moi, a dit Ian.

En disant cela, il a détourné les yeux. J’ai éloigné mon genou de quelques centimètres. J’avais compris. S’il me parlait de sa femme…

-         Quand j’ai connu Janet, je venais de me séparer de quelqu’un dont j’étais très amoureux. Elle a joué les remplaçantes – « I met her on the rebound », a-t-il dit.

Il a de nouveau plongé ses yeux dans les miens. J’ai recollé mon genoux. Nous avons posé nos sandwichs. Il s’est jeté sur moi.

 

Le soir, il a voulu me raccompagner jusqu’au métro ; comme nous marchions, j’ai remarqué en plaisantant qu’il se tenait à bonne distance.

-         Je ne voudrais pas que quelqu’un de chez Liffe nous voie, m’a-t-il répondu d’un air préoccupé.

Pourtant, dans l’escalier roulant, il s’est glissé derrière moi et m’a serrée contre lui en m’embrassant dans le cou.

 

 

Ce scénario s’est répété à plusieurs reprises : déjeuner, pause-café dans l’après-midi, trajet jusqu’au métro ; plusieurs fois, nous sommes montés nous câliner sur le toit de Liffe. Il y avait une terrasse avec du vrai gazon, des bancs où, parfois, des types en costume faisaient la sieste, et une vue incroyable sur la rivière et toute la City.

Ian prenait d’invraisemblables précautions : il me prévenait par mail pour que nous ne sortions pas ensemble : « rendez-vous sur le toit dans dix minutes ». Puis, quand il me voyait, il m’embrassait à me meurtrir les lèvres tout en passant la main sous mes robes d’été.

Après deux semaines de ce petit jeu, alors qu’il soufflait son haleine chaude dans mes cheveux en me tenant fermement plaquée contre le mur à cent mètres de l’entrée de chez Liffe, j’ai suggéré que nous pourrions envisager de nous retrouver dans une chambre d’hôtel.

Il s’est instantanément détaché de moi.

-         Non, pas ça, a-t-il répondu.

-         Mais pourquoi ?

-         Je ne veux pas tromper Janet.

-         Hein ?

-         Ben non. J’ai des principes… faut pas m’en vouloir.

Soulagé sans doute d’avoir éclairci ce point, il s’est remis de plus belle à me lécher l’oreille.

 

Heureusement, j’avais la perspective d’un prochain départ en vacances ; non seulement cela me ferait du bien, mais peut-être Ian en profiterait-il pour réfléchir à notre relation. Il ne pourrait manquer de constater l’absurdité de sa position.

 

Le dernier jour avant mon départ pour la France, Ian a voulu me dire au revoir et il m’a spontanément donné son numéro de portable : « si tu veux m’écrire… dans la journée, bien sûr ». Cette dernière phrase m’a un peu refroidie, mais j’étais bien contente malgré tout et voyais là un signe important de l’évolution des sentiments de Ian. Quand je dis « sentiments », je veux parler plutôt de cette irrésistible attirance à laquelle je ne savais trop quel nom donner.

 

J’ai passé quinze jours en montagne ; au sommet du Mont-Blanc, tous les ploucs de la terre étaient là avec leur portable à envoyer des SMSs et je dois admettre que j’ai failli faire de même ; mais il était sept heures du matin en France, donc six heures en Angleterre et Ian n’apprécierait pas forcément le geste. Ni surtout Janet. Je devenais jalouse ; l’imaginer au lit avec elle, alors que je n’avais pas droit à la chambre d’hôtel… mais ça allait changer, j’étais bien tranquille. Suffisait que je me colle un peu à lui, que je porte des robes plus courtes peut-être, il ne pourrait plus faire autrement.

 

D’accord, je le concède : en quelques lignes je viens de dresser le portrait d’une super pétasse, moi. Que voulez-vous. C’est la dure loi d’un marché très libéral. On s’adapte ou on finit toute seule avec son chat.

 

Quand je suis retournée travailler ce matin-là, vers la mi-Août, il faisait plus frais déjà et ma tenue était moins provocante que je l’avais espéré. Par ailleurs j’étais sans nouvelles de Ian depuis quelques jours ; je savais pourtant qu’il n’était pas en vacances. Ou bien il avait décidé au dernier moment de partir, et ne me l’avait pas dit. Dans les deux cas ce n’était pas bon signe.

Mais il était là. A son bureau. Et il faisait semblant de ne pas me voir.

Alors j’ai marché droit sur lui et j’ai dit :

-         Tu déjeunes avec moi ?

-         Euh… d’accord. Mais je n’aurais pas beaucoup de temps. Ah, au fait, tu as passé de bonnes vacances ?

Ça sonnait comme un ajout de dernière minute, comme s’il avait oublié que j’étais partie depuis plus de quinze jours. Décidément, j’avais un mauvais pressentiment.

 

Nous avons acheté nos sandwichs habituels. Le temps semblait vouloir se mettre à l’orage ; un vent froid s’était levé. Cette fois, les bancs étaient libres dans la City. Nous nous sommes installés sur une place charmante, il y avait même une petite chapelle. Nous avons commencé à manger en silence.

-         Alors, c’était bien tes vacances ? Tu as fait quoi déjà ? De la randonnée ou de l’escalade ?

Il avait l’œil vague et mâchait mollement un morceau de pain.

 

-         Ian, si tu t’en fiches, dis-le carrément

-         Ben, non c’est pas ça mais… j’ai réfléchi pendant ton absence. Je pense que ce serait mieux qu’on ne se voie plus.

 

Lâchant son sandwich il s’est tourné vers moi, l’air gêné, craquant comme jamais avec son regard sérieux de gosse coupable.

-         Bon, si tu penses que c’est mieux, ai-je dit sans chercher à masquer ma déception.

-         Je sais pas… je pense que c’est mieux mais…

Il a tendu un doigt vers mon visage et m’a caressé les lèvres. Puis nous étions l’un sur l’autre, nous embrassant follement, tout emmêlés ; je me rappelle parfaitement sa jambe sur mes cuisses et ses mains qui couraient partout ; quand :

-         Eh merde, a-t-il lâché, me repoussant brutalement.

-         Qu’est-ce qu’il y a ?

-         Y’a Robin qui vient de passer. Il nous a vus. Eh merde.

-         Mais c’est pas grave. Il s’en fout Robin…

C’était un vague collègue de chez Liffe. Je ne le connaissais pas plus que ça. Mais Ian, si :

-         Il a dîné plusieurs fois chez nous. Il connaît Janet… je suis mal, je te jure, je suis vraiment mal.

Le fait est, il était livide.

 

 Ian ne m’a plus invitée à déjeuner, ni à monter sur le toit de Liffe. Quand, le vendredi de mon retour, mes collègues m’ont proposé de me joindre à eux, j’ai décliné. Et d’ailleurs j’ai bien fait car dès le lundi suivant, tous ceux qui avaient participé à la petite sauterie recevaient cette circulaire :

« Le vendredi n’est pas un jour férié chez Liffe. En conséquences, vous êtes priés de bien vouloir venir travailler le vendredi après-midi ». Ils étaient cools, mais quand même.

 

Quelques semaines plus tard, en sortant de chez « Prêt-à-manger » où j’avais acheté des sushis, je suis tombée nez à nez avec Ian.

-         Tiens, qu’est-ce que tu fais là ?

Il ne semblait absolument pas gêné.

-         Je viens de la salle de sport. Pour entretenir la forme…

-         Tu me sembles tout à fait en forme, à moi, a dit Ian en caressant mon jean d’un doigt. Tu veux qu’on déjeune ?

Et il a cligné de l’œil.

 

J’ai hésité. Mais j’ai dit non. Peu après, Ian est rentré chez lui, en Nouvelle-Zélande. Quelquefois, je pense à lui et je me demande ce qu’il a bien pu devenir ; avec sa Janet. Rencontrée « On the rebound ». Je me demande si, depuis, il a franchi le pas, ou s’il embrasse passionnément de nouvelles conquêtes dans les coins sombres, ou pas plus sombres que ça, en leur pétrissant le derrière.

       

Commentaires

Merci pour ta visite sur mon blog via Marco ; je découvre à mon tour tes péripéties londoniennes ! Concernant le texte que tu as pu lire, il s'agit en fait du quatrième chapitre d'un roman "familial" commencé il y a fort longtemps d'où ton sentiment d'inachevé ; il manque l'avant et l'après.
A bientôt.

Ecrit par : auteure | 07.01.2008

Ah! mais alors ce Ian, il est prodigieux! Quelle moralité sans faille! J'adore le "je ne veux pas tromper Janet" dans le feu de l'action... La petite Janet, elle peut dormir tranquille, elle a trop de la chance d'avoir un copain qui a autant de "principes"! :)
(sérieux, je ne pensais pas que ça existait dans "la vraie vie", des gars pareils)

Ecrit par : Marco | 07.01.2008

Marco, si ça existe. Je n'invente rien dans mes histoires (jusqu'ici en tout cas) et le Ian, eh bien c'était un sacré spécimen... (d'ailleurs j'en ai connu un autre qui m'a tenu ce genre de propos. Comme quoi c'est même pas un cas unique :-))

Ecrit par : galadrielle | 08.01.2008

Bonjour Galadrielle.

Grand merci pour ton commentaire.

En fait tu est la première et cela devrait être fêté: une fève... la couronne...

Je vais prendre soin de lire à fond ton blog et reviendrais discuter de choses et d'autres...Du tien comme du mien!

Ecrit par : Ramon | 08.01.2008

ben avant, c'étaient plutôt les filles qu'on qualifiait ainsi, mais ton type, là, c'est nettement un allumeur, non ?

Leur place est sous un réverbère, à lever la patte, nulle part ailleurs.

J'ai bien aimé le "née à née".

Mais je trouve qu'on ne t'entend pas assez, dans tes récits. On te voit bien, certes, arriver du club de gym, coincer ta fesse sur une chaise, ouvrir tes yeux sur le Ian de passage... On l'entend bien, lui aussi. Mais entre deux palots, tu devais quand même prononcer deux-trois trucs, non ? Attention ! je ne dis pas "tenir une conversation", parce que quand ça chauffe, ça chauffe, certes. Mais cependant, partager une ou deux idées sur la vie, le monde, et le fait qu'on ne puisse pas trouver de plombier le dimanche ??

Clopine, je papote mais je les aime beaucoup, tes petites anecdotes amoureuses. Les miennes sont assez gratinées aussi, et tu me donnes envie de m'y remettre (à les écrire, hein, pas à les vivre...)

Ecrit par : Clopine Trouillefou | 08.01.2008

@clopine : le "née à née" était une faute totalement involontaire que je m'en vais corriger illico! (en même temps qu'une autre horrible faute).

Quant au fait que je ne cause pas beaucoup... c'est vrai, mais voilà : je me suis dit que c'était vraiment narcissique dans le principe de raconter les petites histoires de sa vie; alors le moins que je pouvais faire était d'essayer de ne pas trop y parler de moi, c'est à dire d'axer l'histoire sur l'autre plutôt que sur ma personne, d'où ma relative "absence" dans les dialogues. Evidemment, je ne peux quand même pas éviter complètement de me mettre en scène... mais j'aimerais ne pas tomber à fond dans le "moi par moi"...!

Si tu écris tes histoires sur ton blog, promis je viendrai les lire!

Ecrit par : galadrielle | 08.01.2008

Zut, j'admirais l'expression, en me disant qu'elle pouvait servir pour une mère et sa fille, si souvent, dans la vie "née à née"...

Non, ne viens pas tout de suite lire sur mon blog, ma prochaine petite anecdote amoureuse est en train de pousser sur l'humus, telle un petit champignon rosé : je voudrais raconter ces moments particuliers, tu sais, je crois que plein de filles vivent ça, où des amants se propulsent pour nous à travers l'espace, pendant que nous les attendons quelque part. Une ambiance à la "Pierre", cette chanson de Barbara. Ou bien encore un tout petit peu comme ce poème de Marie Noël "et je cousais je cousais je cousais mon coeur, qu'est-ce que tu faisais ?"

On ne cout plus guère (bibi je n'ai jamais su) mais quant à savoir ce que fabriquent nos coeurs, c'est toujours la même chanson, non ?

Clopine, bavarde et inoccupée, et pas envie de s'y mettre.

Ecrit par : Clopine Trouillefou | 08.01.2008

hihi! sacré néozélandais. Je ne sais pas si c'est le fait que ça se passe à Londres, que c'est arrosé de vin, ou que tu cherches à éliminer tes excès passés, ça me fait penser à Bridget Jones ton histoire. C'est bien plaisant à lire pour commencer la nouvelle année :-). Bon courage pour la reprise du boulot. C'est vrai que ce n'est pas facile de se remettre la tête dedans avec 2 enfants en bas âge (et avec 3, je te raconte mm pas ;-) )

Ecrit par : cassiopée | 08.01.2008

@cassiopée : j'ai un truc avec les kiwis. Ils me plaisent, je leur plais mais finalement ça ne marche pas du tout :(
A part ça je me galère un peu sur mon "roman". J'en ai tellement marre de le lire... est-ce que je dois encore passer par quelques mois de "tiroir"? La stratégie n'est pas évidente. J'aurais presque envie de l'envoyer en l'état, et si ça marche pas ben tant pis, histoire de m'en débarasser... je trouve toutes mes phrases mauvaises. Tout en réalisant que ça ne peut quand même pas être vraiment le cas (enfin j'espère), mais ça signifie que je ne suis plus capable de départager les réussies des ratées. Alors pour ce qui est de corriger... ce n'est pas gagné!!!

Ecrit par : galadrielle | 08.01.2008

Si tu en as trop marre de le lire, c'est sûr que ce n'est pas le moment de se lancer ds les corrections. tu peux le remettre un peu ds un tiroir pour le reprendre + tard. Tu peux aussi essayer de l'envoyer, mais sans garantie (moi qd j'ai envoyé le mien, c'était aussi parce que je ne pouvais plus le relire mais avec le recul, je trouve qu'il n'était qd mm pas terrible). Sinon, perso, je n'ai pas avancé d'un iota ds le mien mais comme je me dis que ça sera mon ultime correction avant un envoi massif (après case suivante auto-édition ou pilori)j'entends prendre mon temps. Allez tu en meurs d'envie, commence ton roman n° 2 :-)

Ecrit par : cassiopée | 08.01.2008

@Ramon : merci, mais j'espère que mon blog ne vous semblera pas terriblement futile; parce que... ces histoires, c'est vrai que c'est assez "Bridget Jones". Pourtant je ne le fais pas exprès. C'est ce qui sort naturellement. C'est bien ça le pire :-(
Gala, qui traverse une période de doute!

Ecrit par : galadrielle | 08.01.2008

J'aime assez votre histoire, le personnage de Ian est bien campé, le vôtre aussi. Vous n'êtes pas tombé dans le travers de gargariser votre propre moi, et je pense que vous tenez la bonne distance entre votre personnage et vous-même, bien que je ne vous connaisse pas du tout. Oui, vraiment bien ce néo-zéalandais, il garde tout son mystère; je ne suis pas sûr qu'il faille absolument le ranger dans la catégorie des "fidèles de chez fidèle". Je le sens très hésitant, il en a en fait très envie de "vous" et s'est inventé une Janet, comme les femmes s'inventent de temps à autre des Jules, pour calmer les ardeurs de leurs courtisans et temporiser la situation. Si j'avais été votre personnage, j'aurais été encore plus suggestive, et je n'aurais pas toléré qu'un néo-zélandais me snobe pour une enflure de Janet :)

Ecrit par : Michel 37 | 10.01.2008

Merci Michel pour votre commentaire! Je crois que le Ian, il avait vraiment une Janet, mais après sans doute lui a-t-elle fort à propos servi d'excuse :-))
Bien contente que vous ayez bien pris mon commentaire peut-être un peu agressif sur votre blog à propos de Noël : j'étais dans un mauvais jour (pbs de boulot, refus d'un éditeur, bébé pénible...) et j'avais un peu envie de tout envoyer promener et de contester à tout va! Sorry! Et merci encore.

Ecrit par : galadrielle | 11.01.2008

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