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21.12.2007

dépression post-notale

Voilà, on a écrit une note. Et après ?

 

 

Bizarrement, juste après avoir publié un post, je n’éprouve pas de satisfaction. Il me viendrait plutôt un petit coup de cafard : c’est fait, j’ai pondu un truc, je me retrouve désœuvrée  (ça, c’est la dépression survenant après tout travail, rien de bien étrange là-dedans).

Et, tout de suite après, je me demande : pourquoi l’ai-je fait ? A quoi ça sert, qu’est-ce que ça va apporter au monde, qu’est-ce que ça m’a apporté à moi ? Réponse : à moi comme au monde, pas grand-chose ; pourtant, ça m’a pris du temps. Et, si j’élargis le raisonnement et que je pense à la peine que je me suis donnée pour mon roman… et ce n’est peut-être pas fini… et ça va rapporter quoi, et à qui ?

 

 

Imaginons, dans le meilleur des cas, que je sois publiée. Le problème, c’est que ce ne sera pas un conte de fée, mais une récompense obtenue après beaucoup d’efforts. En somme, si je suis publiée, ce sera après m’être donné un mal de chien.

Et je l’aurai tellement imaginé, cet instant, le moment où un éditeur me dira « oui », que quand ça arrivera je serai sûrement déçue : d’ailleurs ce sera un « oui » au rabais, vraisemblablement d’un tout petit éditeur n’ayant encore rien publié ou pire, me proposant un contrat à compte d’auteur ; il y aura certainement un « mais ». Parce que les écrivains débutants que Gallimard contacte en hurlant son enthousiasme une semaine après avoir reçu le manuscrit par la poste, ça existe peut-être, mais c’est très, très rare, et de toute façon, je sais déjà que ça ne m’arrivera pas, vu qu’ils m’ont dit non, par lettre et sans trace d’enthousiasme.

 

 

De quoi a-t-on envie dans la vie ? Qu’est-ce qui nous fait rêver ?

1)      Les petites réussites sans éclat obtenues à la sueur de son front,

2)      les histoires magiques où le bonheur vous tombe dessus sans crier gare ?

Et dans laquelle de ces deux situations se retrouve-t-on le plus fréquemment à votre avis ?

Indice : les réponses à la première et à la deuxième question sont inverses l’une de l’autre.

 

 

D’accord, d’accord ; même si Gallimard m’avait appelée le lendemain en me proposant un à-valoir magnifique, du jamais vu, je n’aurais probablement été aux anges que durant quelques jours parce que le bonheur intérieur a une fâcheuse tendance à revenir à un niveau qu’on dirait fixé à l’avance par la personne qu’on est. Mais quand même, j’aurais eu une chouette semaine.

Maintenant, comme tout le monde ou presque, je vais peut-être vivre la situation 1), ou peut-être encore la situation 3) :

3)      les petits échecs sans éclats obtenus à la sueur de son front.

 

 

Mais comme tout le monde, j’ai vécu quelques rares 2). Mais rares, alors. Et d’ailleurs, dans tous les cas, il s’agissait d’une erreur, pour finir.

 

 

Il y eu par exemple, la fois où j’ai reçu un énorme bouquet de roses rouges au boulot le jour de la Saint Valentin. Je ne m’y attendais pas du tout, mon amoureux de l’époque n’était vraiment pas du genre à déclarer sa flamme d’une façon si voyante. Mais il n’y avait pas de carte avec le bouquet ; et ça, c’était son genre. Histoire d’être sûre que ce n’était pas une erreur, j’ai appelé le fleuriste : il m’a confirmé que les fleurs m’étaient destinées, mais il ne pouvait me révéler le nom de l’expéditeur, il devait d’abord appeler le monsieur en question. Dix minutes plus tard, mon portable sonnait : « Hi… it’s David… I sent the flowers ».

 

David, ce n’était pas le nom de celui que j’aimais ; et je n’en avais rien à foutre de ses fleurs… évidemment, il était vexé comme un poux que je n’aie pas compris que les roses venaient de lui ; il ignorait l’existence de l’autre, il croyait que j’étais son amoureuse à lui.

 

 

Bon, je ne vais pas raconter le détail, ce serait trop long ; je voulais simplement donner un exemple de bonheur qui vous tombe dessus, « trop beau pour être vrai » et en effet, ça l’est.

 

 

Les choses vraies sont en général plutôt un peu moches ou, si d’aventure elles sont belles, on les a vu le devenir, mieux, on a fait en sorte qu’elles le deviennent. Et il n’y a plus de plaisir.

 

 

Un autre exemple : un samedi de juin, ma mère et moi étions en train de dîner dehors, à Lyon, rue Mercière, quand un type à côté de nous engage la conversation –il dit un truc comme : « c’est bien agréable d’être dehors quand il fait doux comme ça. » Avec un fort accent.

Il a dans les quarante ans. Plutôt beau gosse.

-         Je m’appelle Bernard, poursuit-il.

-         Et d’où êtes-vous ? Demande ma mère.

-         De Francfort. Je suis … comment dit-on ? Investment Banker ?

-         Ah oui, je vois, dit ma mère.

-         Mais Francfort… dit-il en faisant la moue, comme pour s’excuser d’habiter une ville pareille ; tandis qu’ici… j’adore Lyon. Vous habitez Lyon ?

Il me sourit.

Malgré une regrettable tendance à la mollesse, qui ne devrait pas s’arranger avec le temps, son visage  est agréable ; il a la peau un peu grasse mais un joli teint, des yeux bleus agrémentés de ridules qui confèrent à son regard une certaine profondeur ; en somme il est juste à point : plus jeune il devait avoir l’air con, dans quelques années sa mâchoire manquera de fermeté et ses joues commenceront à tomber. Et il devra se couper les cheveux, qu’il porte un peu long dans la nuque ; d’habitude je n’aime pas mais là, c’est assez charmant.

Nous causons tous les trois jusqu’à la fin du dîner. Je n’ai pas l’impression qu’il s’intéresse particulièrement à moi. Il parle surtout avec ma mère.

-         Je connais très peu la ville, dit « Bernard ». J’ai surtout visité la campagne autour…

-         Ma fille rentre à Paris demain après-midi ; mais demain matin, nous allons sûrement nous promener. On pensait aller au musée de la poupée. Peut-être que ça vous intéresserait de venir ?

Ça alors. Moi, j’aurais jamais osé proposer un truc pareil. Mais « Bernard » a l’air drôlement content.

 

 

 

 

A dix heures, le type est là, devant le musée. Première surprise ; ce genre de plan, d’habitude, ça marche jamais ; les gens ne viennent pas pour finir. Bon, on fait comme on a dit ; on visite le musée.

Je ne me souviens de rien, parce que je guette les pas de « Bernard », je me retourne pour voir ce qu’il regarde, ou plutôt qui il regarde ; je le trouve de plus en plus attirant. Peut-être le simple fait qu’il soit venu, alors que je ne comptais vraiment pas dessus. D’un autre côté, l’effet aurait pu être contraire ; j’aurais pu le trouver encombrant d’être vraiment venu suite à une invitation lancée un peu en l’air, dans la douceur d’un soir d’été et après quelques verres de vin. Mais il n’a pas le genre du type encombrant. Sans doute parce qu’il n’est qu’à moitié là ;  comme s’il était venu pour faire plaisir, pour tenir un engagement, mais que ses vraies préoccupations étaient ailleurs. Il est mystérieux. Rien de tel pour séduire.

-         Il va falloir que nous partions, remarque ma mère en regardant l’heure. Le train de ma fille est à deux heures.

-         Ah bien sûr. Eh bien, j’ai été enchanté… c’était très gentil à vous de me proposer la visite, a dit Bernard. Je vais continuer à me promener…

Il nous serre la main à toutes les deux. Et il est part dans la rue.

 

 

D’abord, je regrette que ma mère ne l’ait pas invité à rester. Mais bon, à quoi cela m’avancerait-il ? Je pars de toute façon. Et nous n’avons même pas le temps de faire un vrai déjeuner ; il est déjà midi et demi.

 

 

Sur le quai de la gare, je songe que c’est dommage, c’est toujours comme ça dans la vie : les gens qu’on aimerait connaître mieux vous échappent, et on en connaît très bien des tas dont on se passerait bien.

Et voilà que… à quelques mètres de moi, me souriant, marchant vers moi… Bernard est là. Je rougis, je me trouble, je balbutie :

-         Mais… que faites-vous ici… par quel hasard…

-         Ce n’est pas un hasard. Votre maman a dit que vous preniez le train de 14h. Je ne savais pas à quelle gare… mais j’ai tenté ma chance… et ça a marché.

Il aurait ajouté : « C’est le destin qui  nous a réuni », je n’aurais même pas trouvé ça ridicule. Car je vivais l’un des instants magiques dont j’ai parlé plus haut. Ces instants rares, et qui, en général, sont une blague de l’univers plutôt qu’un signe magique du destin, mais ça, on ne le sait qu’après.

 

 

-         J’avais envie de vous… de te revoir…

Il s’approche, prend une de mes mains entre les siennes.

-         Alors… tu veux faire quoi… ?

Dans un film, le type monte dans le train avec la fille ; c’est le début d’une chouette histoire d’amour. Dans la vraie vie, et si la fille est moi, elle se dit que demain c’est lundi, faut aller au taf ; et que si on passe la nuit ensemble à Paris… puis je n’ai qu’un studio, moi. Rue de la Gaieté. Avec un seul lit (et à l’époque, il ne faisait que 140 de large). Et quand même, je le connais pas ce type, aussi charmant soit-il. Puis c’est peut-être un peu « pushy », cette façon d’être venu sur le quai, même si c’est mignon. Bref, je lui dis que je dois rentrer chez moi.

-         C’est où chez toi… ?

-         Paris. J’habite près de Montparnasse.

-         Je pourrais venir te voir… le week-end prochain ?

-         Exprès ?

-         Oui, exprès… j’ai envie de te voir…

Il sent mon hésitation, et en comprend sans doute la raison car il ajoute :

-         J’irais à l’hôtel bien sûr. Tu en connais un près de chez toi ?

Tant de délicatesse emporte le morceau.

-         Y’a le Méridien, près de la gare… mais c’est pas très charmant…

-         Aucune importance. Je vais venir, pour te voir, toi…

On se sourit. Brusquement, on n’a plus grand-chose à se dire. Ça tombe bien, le train va partir.

Pendant tout le trajet, je suis tellement béate que je n’arrive pas à lire.

 

 

Je bosse toute la semaine dans la crainte de recevoir un appel embarrassé de Bernard, expliquant qu’il s’était peut-être un peu emballé à la gare, que bon, venir à Paris exprès… il a trop de boulot… une autre fois peut-être. Mais non. Vendredi soir arrive ; et mon Allemand est bien là, avec sa petite valise à roulettes, devant le Méridien.

Au dîner, je bois comme un trou et je m’amuse énormément. Bernard est très mignon, très correct. Un peu raide. Il me caresse la main, remet en place une mèche de mes cheveux… puis me raccompagne chez moi mais sans monter (faut dire, c’était au quatrième, et sans ascenseur.)

-         On se voit demain ? Tu es libre ?

-         Oui…

Puis, je ne sais pourquoi, tout ça me paraît soudain bien précipité ; je me sens envahie.

-         Peut-être pas demain matin… à partir de midi ?

-         Ah… bon, ok, midi c’est très bien… je me promènerai tout seul le matin alors.

Il a l’air un peu déçu. Je culpabilise, il est venu à Paris exprès et tout…

-         Non, mais écoute, si tu préfères on peut se retrouver plus tôt…

-         Non non, je comprends ; midi c’est bien.

Je n’insiste pas. Je n’ai rien à faire demain matin ; juste envie d’être peinarde.

 

 

Mais sur le coup de neuf heures, mon téléphone sonne.

-         Allô…

-         C’est Bernard. Oh je suis désolé… je te réveille…

-         Euh… non, enfin oui mais c’est pas grave…

-         Bon. Je t’appelle parce qu’en me promenant je suis passé devant un… tu sais, une boutique où on vend des billets pour le théâtre…

-         Un kiosque.

-         Oui voilà. Et je voulais prendre des places pour nous… à l’opéra ce soir… Il y a « Parsifal »… est-ce que tu l’as déjà vu ?

-         Ah non… écoute pourquoi pas. Mais attends un peu… je me lève, je prends un café et je te rappelle, OK ?

 

 

Je fais ce que je viens de dire. Puis je réfléchis. Est-ce que j’ai envie d’aller à l’opéra ? Pour écouter du Wagner ? Comme je n’arrive pas à décider, je téléphone à ma tante pour demander conseil.

« Ouh là là, Parsifal ça dure au moins quatre heures… si tu n’as jamais vu d’opéra de Wagner, ce n’est peut-être pas le plus facile d’accès, pour commencer », dit-elle.

Je rappelle Bernard.

-         Peut-être qu’on pourrait essayer un autre opéra d’abord ?

-         Ah… pourquoi ?

Je ne m’attendais pas à devoir argumenter.

-         Ben je sais pas trop… c’est long, Parsifal. On n’aura pas le temps de dîner…

Je me sens plouc comme jamais avant même d’avoir fini ma phrase. Mais je n’ai pas le temps de me rattraper.

-         OK. Bon. A tout à l’heure.

Il a raccroché.

 

 

A midi pile je l’attends devant le Méridien, comme convenu. A midi pile il arrive. Mais il y a un hic : il traîne sa valise derrière lui.

-         Ecoute… j’ai réfléchi et je pars.

-         Tu pars ? Tu rentres à Francfort ? Mais on n’est que samedi midi…

-         Oui mais c’est mieux.

-         Mais pourquoi ?

Je dois avoir un air si défait qu’il a pitié de moi ; il saisit ma main entre les siennes comme sur le quai de la gare, à Lyon. Mais son regard qui navigue entre moi et le car « Air France », sa façon de se tenir légèrement rejeté en arrière disent à quel point il est déjà ailleurs.

-         Bernard… j’ai fait quelque chose ? C’est à cause de l’opéra ?

Je sais bien, c’est idiot ce que je dis.

-         Mais non. Je suis désolé. Il faut que j’y aille, le car va partir.

Il me fait la bise.

-         Allez, ne sois pas triste, dit-il en effleurant ma joue d’un doigt. C’est la vie.

 

 

En effet, il a raison, c’est la vie dans toute son absurdité : on vous fait une cour d’enfer, on vient exprès vous voir à Paris, une vraie comédie romantique avec Sandra Bullock ; puis on s’en retourne chez soi parce que vous n’avez pas eu envie de vous taper quatre heures d’opéra. Je vous jure : on n’a décidément que ce qu’on mérite.

Commentaires

Que d'histoires ! :-). Sinon, pour le début de ton post, je pense qu'on apprécie plus qqchose qu'on obtient si on a eu beaucoup de mal à l'avoir. Si c'est trop facile, la joie est moins grande. Après, il faut savoir si on est motivé ou pas ... Bonnes fêtes de fin d'année à toi!

Ecrit par : cassiopée | 21.12.2007

bon, rien à voir avec le sujet, mais je ne comprends pas ce qui arrive avec mon blog; j'ai viré tous les anti spams, et tu es la seule à qui ça fait ça.
Alors voici mon mail: pibole26@gmail.com
à bientôt
et en plus je regrette que tu ne puisses pas commenter mes beaux articleuhs

Ecrit par : Pibole | 21.12.2007

J'ai l'impression que vous avez adopté mon point de vue...il ne faut pas que ça vous démoralise pour autant. Il faut juste faire le deuil d'un certain romantisme...

Ecrit par : Mikael | 21.12.2007

De toutes tes aventures sentimentales (?) racontées sur ton blog, je trouve que c'est la plus marquante _ peut être parce que c'est la plus ordinaire et en un sens la plus triste. J'imagine Bernard aujourd'hui, dont les joues tombent définitivement, devant son ordinateur, et qui te lit en hochant la tête, dans son grand appartement de Francfort, avec Parsifal en fond sonore, le volume au maximum, à en faire trembler les murs...

Ecrit par : Marco | 22.12.2007

Je passe pour te souhaiter un Joyeux Noël :-)

Ecrit par : Jo Ann v. | 24.12.2007

@Pibole : oui c'est malheureux, moi non plus je ne comprends pas pourquoi. En plus je n'arrête pas d'écrire des commentaires très intelligents qui me pètent à la figure :-))

@Marco : tu me donnerais presque des remords... ce pauvre Bernard... habitant Francfort en plus, c'est pas une vie.
Indépendemment, je commence à me dire que j'aurais peut être dû réfléchir à un ordre dans lequel écrire mes notes; trouver une sorte de crescendo dans la bizarrerie... là j'écris comme ça vient, c'est un peu n'importe quoi... enfin bon. J'espère que j'aurai tout de même toujours au moins un lecteur :-)

@Cassiopée : je suis d'accord avec toi pour certaines choses, mais là, non, je ne le ressens pas comme ça. Peut-être à cause de cette idée qu'on a toujours quelque part (surtout en France peut-être) que l'écrivain n'est pas quelqu'un de méritant, mais plutôt quelqu'un dont le génie immédiat étincelle, et ne saurait manquer d'éblouir un éditeur dès le premier essai; si l'on ne rentre pas dans cette catégorie et qu'on doit passer dix ans à travailler son roman avant de pouvoir être enfin publié, est-on vraiment écrivain...? C'est ce genre de pensée stupide qui risque de me gâcher une éventuelle réussite obtenue par trop de sueur...

@Mikael : oui je suis bien d'accord mais... voir ce que j'ai écrit à Cassiopée plus haut (même si je suis consciente que c'est idiot et exagérément romantique)
Je vais certainement me faire à l'idée un jour. Après tout Paul Auster aurait écrit sept romans avant d'être publié, pourtant, je pense qu'on peut dire de lui qu'il est un véritable écrivain...

@Jo Ann : Merci et à toi aussi avec beaucoup de retard :-))

Ecrit par : galadrielle | 29.12.2007

ton blog
c'est ton roman
tu es donc déjà publiée
et tu as des lecteurs/
amicalement/
en passant par chez clo ma copine
de la République des livres...

Ecrit par : GAUDI | 30.12.2007

ce serait l'histoire polyphonique d'un écrivain qui raconte en même temps sa vie quotidienne son blog son impossibilité à se faire éditer par un éditeur -papier et qui ,happy end,s'apercevrait qu'elle est en train de s'éditer et d'avoir un dialogue direct avec ses lecteurs...

Ecrit par : GAUDI | 31.12.2007

ce serait l'histoire polyphonique d'un écrivain qui raconte en même temps sa vie quotidienne son blog son impossibilité à se faire éditer par un éditeur -papier et qui ,happy end,s'apercevrait qu'elle est en train de s'éditer et d'avoir un dialogue direct avec ses lecteurs...

Ecrit par : GAUDI | 31.12.2007

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