28.10.2007
Aux urgences
Aujourd’hui j’ai décidé, pour changer, d’écrire une note ayant un lien avec le thème de ce blog. Remarquez, je ne vois pas pourquoi j’aurais des scrupules à parler de tout autre chose de ce que j’ai annoncé ; après tout, nombreux sont les écrivains qui ne s’embarrassent pas d’écrire un bouquin en rapport avec le titre qu’ils lui donnent ; ou, si rapport il y a , il est parfois bien mince (je suis en train de lire « l’élégance du hérisson »… pour prendre un exemple à la mode…)
Mais continuons.
En mai 2005, j’étais alors enceinte de quatre mois et demi. Depuis une ou deux semaines, je sentais le bébé bouger dans mon ventre et c’était pour moi alors quelque chose de remarquable ; comme si j’étais la première femme enceinte sur Terre. A cette sensation nouvelle et extraordinaire, j’accordais donc une attention extraordinaire. Aussi me suis-je inquiétée, un dimanche soir, de n’avoir rien senti pendant une heure ou deux. Je me suis allongée un moment, complètement immobile et à l’affût du moindre fourmillement dans mon abdomen mais, à part d’ordinaires gargouillis digestifs, rien. La littérature pour femme enceinte (que je ne vous recommanderai pas) mentionne que parfois, une personne posant son oreille tout contre le ventre de la future maman peut entendre le cœur du fœtus. J’ai donc demandé à mon mari de s’exécuter. Il a entendu plein de bruits intéressants mais rien qui ressemble à un battement de cœur. Je me suis couchée très inquiète.
Le lendemain, au bureau, j’attendais encore de sentir quelque chose ; de temps en temps, je me comprimais le ventre, le relâchais, le comprimais de nouveau dans l’espoir de susciter une réaction de la petite chose obstinément calme ; constatant que ça ne donnait rien, je restais aussi immobile que possible, n’osant même pas taper sur le clavier de peur de rater le mouvement tant attendu. Au bout d’un moment, j’avais conscience de plein de choses passionnantes qui se passaient dans mon corps, habituellement à mon insu ; mais pas de mon bébé.
Encore dans la littérature pour femme enceinte, j’avais appris que, si l’on ne sent pas Bébé bouger pendant plus de vingt quatre heures, il est recommandé de se rendre aux urgences. Même si cela ne faisait pas exactement vingt-quatre heures, j’ai calculé que le compte y serait en ajoutant l’inévitable attente aux urgences en question. L’espace d’un pénible quart d’heure, j’ai hésité à quitter le taf à deux heures de l’après-midi pour aller me ridiculiser à la maternité au nom d’une angoisse dont je sentais bien l’irrationalité. Mais bon ; j’étais seule dans mon bureau et c’était une période particulièrement creuse, le projet sur lequel je travaillais ayant avorté pour des raisons politiques, comme ça arrive fréquemment dans les grosses entreprises, enfin surtout dans la mienne et surtout aux projets auxquels je participe, maintenant que j’y pense.
Je suis donc partie comme une voleuse, filant dans les couloirs comme si j’avais le feu aux fesses –car, ayant pris la décision de me rendre aux urgences, il me semblait soudain qu’il s’agissait vraiment d’une urgence.
D’accord, d’accord : je suis encore en train de parler femme enceinte et bébé et où est mon roman dans tout ça ? Mais patience, on ne le croirait pas mais en fait, j’y arrive.
Pendant le trajet à pieds, en RER puis en métro jusqu’à la maternité, j’ai tellement cogité que j’ai réussi à me convaincre que mon bébé était mort ; et que donc il ne s’agissait plus vraiment d’une urgence, au fond. Du coup j’ai traîné sur les derniers mètres et, anticipant que j’allais passer un certain temps sur une chaise inconfortable dans un environnement hostile, j’ai fait halte dans un kiosque à journaux où je me suis procuré quelques daubasses féminines : Elle, Marie Claire, Psychologies. Et on y arrive.
La salle d’attente de la clinique Bon Secours, rue des Plantes dans le quatorzième, c’est pas la fête. J’ai commencé par Psychologies (c’est vraiment de la lecture de chiottes au sens propre, c'est-à-dire à savourer quand l’étron se fait attendre). Malheureusement mon propre état psychologique ne m’a pas permis d’aborder les articles « de fond », même s’ils sont en général assez près de la surface dans ce magazine ; je m’en suis tenue au courrier des lecteurs et à l’interview de la star. Donc forcément, c’était vite consommé ; je suis passée à Marie Claire dont les pages de mode me semblaient plus à ma portée.
C’est là que je suis tombée sur l’annonce du concours : prix Marie Claire du Futur Ecrivain 2006. En temps normal, j’aurais rapidement tourné la page avec un léger pincement au cœur du type : oui, j’aimerais bien écrire mais ce sera pour plus tard, peut-être, quand j’aurai le temps (tout en sachant très bien au fond de moi que c’est une excuse pourrie, à balancer dans les chiottes avec Psychologies quand on a fini d’opérer).
Mais là, mon besoin désespéré de me raccrocher à quelque chose qui ressemble à un embryon de projet m’a poussée à déchirer la page pour la fourrer dans mon sac à main –puisque je comptais généreusement faire don de mon Marie-Claire, amputé de cette page, aux malheureuses condamnées à faire le pied de grue dans cette salle d’attente (et les chaises sont drôlement dures en plus.)
Quatre heures plus tard, je me suis réjouie de me trouver aussi ridicule que je l’avais craint : à l’échographie on voyait bien que le bébé gigotait tout à fait bien, je ne le sentais pas simplement du fait de sa position dans mon ventre. Mais c’est de mon angoisse ce jour-là qu’est née mon désir d’écrire ce roman (lequel n’a absolument rien à voir ni avec la grossesse, ni avec les bébés).
Mais j’ai épuisé mon heure de temps libre ; le devoir m’appelle sous forme d’un cri de rage que je commence à bien connaître… la suite dans la prochaine note… !
19:00 Publié dans écriture et publication | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman, publication, écriture
26.10.2007
Ulysse
Avant-hier, il faisait encore très beau, même si c’est difficile à croire aujourd’hui. D’habitude, je me contente de contempler notre jardin depuis le canapé du salon, en songeant que c’est vraiment très joli ces couleurs d’automne et que ce serait en théorie bien agréable d’aller marcher un peu dans le parc voisin ; mais rien qu’à l’idée de sortir le bébé de son couffin, au risque de le réveiller, de l’emmitoufler, de l’installer dans la nacelle, de me chausser, d’enfiler une veste, de chercher mes clefs au fond de mon sac (Issey Miyake, super joli mais pas très pratique car dépourvu de poches)…
En général, après avoir pensé à tout ça, je m’enfonce un peu plus profondément dans les coussins et j’allume la télé.
Cependant, un vague sentiment de culpabilité gâche un peu mon plaisir. Ce sentiment était-il plus violent avant-hier que d’ordinaire ? Ou le soleil plus vif, les feuilles plus dorées ? Même depuis le fond de l’abîme d’épuisement dans lequel je me vautre depuis bientôt trois semaines, je n’ai pu ignorer l’appel de la Nature.
Et la Nature a tenu ses promesses : oui, le parc était magnifique, et désert qui plus est –en semaine, à trois heures de l’après-midi… mais alors que je m’escrimais à retenir la poussette dans une descente particulièrement forte, consciente qu’il me faudrait ensuite effectuer le trajet en sens inverse –ou par un autre chemin, peu importe ; de toute façon il me faudrait regagner les mètres que j’étais en train de perdre-, je me sentais gagnée par l’impression dérangeante que ça ne fonctionnait pas : l’air vif, la beauté des arbres centenaires (je n’y connais rien, ça peut être des érables comme des marronniers), le chant des oiseaux, la poésie de ma solitude (je ne compte pas la petite demoiselle, qui roupillait ferme dans le landau) ; ça ne fonctionnait pas.
Je regardais autour de moi, par devoir plutôt que par goût. Et je pensais : c’est beau, mais je ne sentais positivement rien. En fait, je devais bien l’admettre : je m’ennuyais. Pourtant, au fond de moi, quelque chose me disait que j’aurais pu choisir de supporter cet ennui. Que ça aurait pu devenir, même, presque plaisant. Que c’était une décision. Et ça m’a rappelé une situation toute différente, et pourtant similaire : ma tentative de lecture d’Ulysse, de Joyce. J’avais peut-être dix-sept, dix-huit ans ; mon père ne tarissait pas d'éloges à propos de ce livre, ma mère en revanche disait ne jamais avoir pu dépasser la dixième page.
Dans la petite chambre que je partageais avec ma sœur chez mes grands-parents à Marseille, ayant terminé l’unique autre bouquin que j’avais mis dans ma valise (je fais ça parfois, je ruse avec moi-même pour m’obliger à lire quelque œuvre édifiante qui me rebute à priori mais dont je sens que c’est pour mon bien), j’ai décidé de m’y coller.
Ce roman ne vous prend pas en traître, je dois dire : c’est chiant dès le début, et on sent que ça va rester chiant de la même façon tout le long. Je suis arrivée à cette conclusion assez vite. En écoutant ma sœur en train de ronfler, une envie terrible m’est venue de pioncer pareillement. Mais j’avais honte d’abandonner si vite. Je me suis donc forcée à lire encore quelques pages. C’est alors que le bizarre phénomène s’est produit : à un moment donné, je n’ai plus été capable de savoir si j’avais envie d’arrêter de lire, ou non. Je me demandais : y prends-tu plaisir ou non ? Et je ne connaissais pas la réponse.
Je n’étais certes pas captivée par le livre ; je demeurais totalement extérieure (à ma décharge, le suspense n’était pas insoutenable). Mais ce n’était pas franchement déplaisant de lire une phrase après l’autre, sans chercher forcément à les relier l’une à l’autre ; c’était un peu comme lire de la poésie : ça ne menait nulle part, il n’y avait pas d’objectif mais c’était plutôt joli. Comme de marcher sans but dans la nature.
Réfléchissant à ça tout en lisant –bizarrement, le fait de réfléchir à ma façon de lire ne m’empêchait pas du tout de le faire- , je sentais, comme avant-hier dans le parc, que j’avais le choix. Je pouvais accepter cet ennui paisible et poursuivre ma lecture, ou refermer le livre en sachant que je ne ferais pas de seconde tentative.
A ma grande honte, j’ai opté pour la première solution –la mauvaise voie, celle de la facilité. Et j’ai fait la même chose avant-hier : au bout d’un quart d’heure, j’ai fait demi-tour et je suis retournée me vautrer sur mon canapé.
Comme quoi, mariée et mère de famille, je suis restée la même qu’il y a quinze ans. Est-ce réconfortant… ?
14:45 Publié dans réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ulysse, ennui, bébé
21.10.2007
Chez le coiffeur
L'autre jour, je suis allée chez le coiffeur : sitôt après une tétée, j'ai sauté dans ma voiture et hop, direction le centre ville (de ma banlieue lointaine, on appelle ça le "Coeur de Ville" ici, je trouve que c'est abominablement prétentieux). Je vais chez Franck Provost, pas vraiment par choix mais parce que c'est le coiffeur qui se trouve là.
On aurait pu penser que c'était un petit plaisir que je me faisais là : une petite gâterie, une nouvelle coupe pour me faire belle, enfin aussi présentable que possible quand on "relève de couches" (que de poésie dans cette expression). Là je dis tout de suite que ce n'était absolument pas le cas, j'avais les cheveux qui me tombaient tout le temps dans les yeux et j'en avais marre de mettre une barette. En plus, sachant que je disposais d'une heure, une heure et demie max, je ne pouvais qu'espérer une coupe et un brushing, et en vitesse encore. Rien de bien excitant.
J’y allais avec une certaine réticence, une légère appréhension que je ne m’expliquais pas. Il n’y avait pas d’attente et on m’a tout de suite enjoint de « passer au bac » (« on va passer au bac ? »). La nana m’a d’abord gentiment demandé si la température me convenait ; ça allait, c’était tiède et c’était agréable de se faire masser le crâne. Alors que je commençais à me détendre un peu, elle fait : « Ouh là là, ils sont tout raplapla vos cheveux. On voit que vous venez d’accoucher, vous. »
Et là tout m’est revenu, et j’ai compris où se trouvait la source de l’angoisse diffuse dans ma poitrine : deux ans auparavant, trois mois après avoir mis au monde ma première fille, je m’étais rendue chez ce même coiffeur… et la fille qui m’avait coupé les tiffs (pas la même) avait longuement commenté l’état de ma chevelure : c’était la cata, fallait faire quelque chose, des soins, des ampoules, ça allait tout tomber, etc etc. Elle ne s’était pas contenté de le dire une fois, non, elle l’avait répété à chaque coup de ciseaux (heureusement la coupe avait été rapide, vu que j’avais presque plus rien à couper.) C’est con d’accord, mais ça m’avait traumatisée à l’époque. La preuve, le souvenir refoulé mais vivace, cause de mon appréhension encore aujourd’hui. Appréhension fondée. En effet, la coiffeuse de l’autre jour s’est comportée à l’identique de sa collègue en 2005, à croire que ça fait partie de leur formation chez Franck Provost que de faire flipper les nanas après leur accouchement. Je suppose que c’est une stratégie de vente comme une autre ; et c’est vrai qu’on a tellement honte d’être aussi moche, on rentre chez soi la chevelure cachée dans son écharpe, le sac débordant de crèmes et de masques.
Eh bien il faudrait faire passer le message suivant : coiffeurs, coiffeuses, ayez pitié. Pensez que la pauvre femme que vous accablez de la sorte a déjà tout un tas de problèmes avec lesquelles elle doit vivre au quotidien, en plus de ses cheveux : l’épisiotomie qui fait mal, les saignements, le foutu PERINEE (voir note précédente), sans parler du Paquet Hurlant qui l’attend à la maison. Alors je vous en prie : laissez ses cheveux en paix. Ce sera pour plus tard.
16:40 Publié dans réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maman, accouchement, cheveux
c'est MAL
Ce matin j'ai repris le sport : j'ai un vélo elliptique chez moi, qui m'a coûté plus de mille euros. Faut bien rentabiliser la chose, surtout qu'il trône en plein milieu de mon séjour, sur un magnifique tapis d'Orient. Quand j'en ai fait l'acquisition, l'idée était de le rouler sous l'escalier après chaque utilisation afin de préserver l'harmonie du salon; mais, hélas, je n'ai pas la musculature du type de "fitness boutique", qui soulevait l'engin avec son petit doigt; moi, même avec les deux mains, je ne parviens pas à le déplacer d'un pouce. Heureusement, le fait de vivre dans un endroit entraîne assez rapidement qu'on ne le voit plus; sinon, je suis sûre que je serais tous les matins interloquée par la mocheté de la chose, comme le sont les gens qui viennent dîner chez nous et qui n'ont pas le temps de s'habituer , parce que nous, on aime bien quand les invités décampent pas trop tard, disons avant minjuit parce qu'on aime dormir; puis de toute façon les invités c'est surtout marrant si on peut boire, et comme enceinte je pouvais pas m'enfiler la même quantité de whisky que d'habitude, eh bien on n'a pas reçu beaucoup.
Alors dans la rubrique trucs scandaleux, parlons de l'alcool. Je viens d'avouer avoir repris le sport, quinze jours après l'accouchement, en sachant que c'est MAL ; mais j'ai fait pire... allez, parlons encore un peu de sport avant d'aborder le sujet qui fâche.
Le problème avec la reprise du sport, c'est : et le périnée??? que fait-on de notre AMI le périnée??? A dire vrai, avant de tomber enceinte, je ne savais même pas que j'en avais un, de périnée. Mais si, et non seulement ça mais il convient apparemment d'en faire grand cas : après la grossesse, l'urgence est de rééduquer le périnée. Et pour se faire, on vous convie à deux séances hebdomadaires chez la sage-femme qui introduit une sonde glacée dans votre vagin (et ça n'a vraiment rien d'érotique), laquelle transmet de petites impulsions électriques qui contractent le périnée. Un vrai bonheur. Par la suite, quand on a retrouvé un peu de musculature, on acquiert le privilège de contracter soi-même son périnée. Mais on garde quand même la sonde dans le vagin, sans ça où serait le plaisir; elle sert alors à mesurer la force des contractions et on a la joie de les voir sous forme d'une sinusoïde à l'écran. C'est vraiment gratifiant.
Donc, pour ceux qui ne connaissent rien à l'affaire, je précise qu'on ne doit pas, mais alors vraiment pas, reprendre le sport avant au moins une dizaine de séances. Et comme on ne doit pas commencer les dites séances avant, je crois, six semaines, ça fait disons deux ou trois mois à glandouiller sur son canapé, en regardant l'engin de mort qui continue de trôner au milieu du séjour, dont la laideur devient bizarrement frappante quand on ne l'utilise plus. C'est triste, comme s'il dépérissait faute de servir. Il est là, tout moche, tout seul, tout métallique et froid, immobile comme un mort... c'est tellement triste que ce n'est pas supportable. C'est pourquoi j’ai craqué ce matin, et, devant un épisode de House, j’ai enfin rescucité mon engin préféré. A l’heure qu’il est, il se porte très bien et a retrouvé sa belle brillance glacée, son maintien fier de laideur assumée.
Mais j’ai longuement digressé, sans doute de peur d’aborder le VRAI sujet scandaleux, qui ne devrait pas manquer de m’attirer l’opprobe générale si tant est qu’un internaute visite un jour mon blog (pas évident pour l’instant, étant donné qu’il ne semble référencé nulle part ; j’ai essayé tous les mots clé sous Google et rien ne marche. Mais je ne perds pas espoir.)
Voici la chose : je parlais du whisky, qui m’a beaucoup manqué. Eh bien, c’est vrai : je n’ai pas bu de whisky pendant ma grossesse, et je n’en ai pas repris depuis que j’allaite, mais… je dois confesser que j’ai bu DU VIN. Oh, fort peu ; mais encore beaucoup par rapport à la tendance actuelle de la tolérance zéro, comme on dit. C’est à dire, un verre tous les deux jours à peu près. Et il m’est arrivé d’en boire un verre entier deux soirs de suite. Et même certains soirs j’ai bu DEUX VERRES. Mais bon, seulement quand j’étais invitée quelque part, hein (et ça n’arrivait pas souvent, parce qu’on ne croule pas sous les invitations quand on a fait comprendre à ses « amis » qu’ils ne sont supportables qu’à petite dose, et en état d’ivresse –mon état, pas le leur.)
Pour ceux qui ne sont pas partis vomir dans les toilettes, je continue. Oui j’ai bravé l’interdit suprême, enfreint la morale qui ordonne : pendant ta grossesse, femme, arrête-toi de vivre car ta vie n’a plus d’importance maintenant que tu portes la génération à venir. OK j’exagère un petit peu, mais tout de même, n’est-ce pas en train de devenir insidieusement insupportable ? La combinaison du Principe de Précaution et la Sacralisation des Bébés est redoutable, surtout pour la pauvre mère. Mais le plus hallucinant, c’est que tout le monde marche à fond dedans. Je n’en reviens pas à quel point les femmes enceintes acceptent de suivre aveuglément les consignes de plus en plus draconiennes véhiculées par les médecins, les médias, les autres… ce qui m’amuse vraiment, ce sont les émissions de télévision sur l’Alcool chez la Femme Enceinte. Parce que les nanas, ce sont toujours des alcooliques finies, et forcément leurs gosses ont plein de problèmes. Et on en déduit qu’il ne faut pas boire UN SEUL VERRE de toute la grossesse. Beau raisonnement, franchement. Nos parents ne se posaient pas tant de questions (à l’époque il était même des mères qui FUMAIENT pendant la grossesse) ; ma mère m’a avoué avoir tranquillement continué de boire deux ou trois verres de vin par jour quand elle m’attendait (et pareil pour ma sœur). Peut-être sommes-nous de ce fait particulièrement débiles, mais ça va, on s’en est sorties quand même –cela dit, peut-être que si Maman s’était mise au jus d’orange, mon roman serait un chef d’œuvre et les éditeurs se l’arracheraient, qui sait. Tiens je vais derechef engueuler Maman. Je savais bien que c’était la faute de quelqu’un d’autre !
Pendant que j’y suis, autant avouer que je n’en suis pas restée là : non immunisée contre la toxo, j’ai cependant continué à manger des steaks saignants, de la salade (sans la laver au préalable à l’eau de Javel ; je sais pas vous mais je trouve que ça donne un sale goût) ; je me suis gavée de saumon fumé, de fromages à pâte molle, d’œufs de poisson, de tarama et de sushis ; alors qu’on me recommandait de me reposer, j’ai fait du sport jusqu’à la veille de l’accouchement (et j’ai quand même eu mon bébé à terme, comme quoi, hein.)
Continuons. J’étais censée suivre un régime parce que l’horrible test où on doit boire un sirop dégueu de sucre pur a révélé que j’avais une « intolérance au glucose » (après je me suis tapé en plus le test qui dure quatre heures et commence par l’ingestion de 100g de glucose, à savoir deux fois plus que pour le premier test, c’est absolument infect et en plus on vous laisse pas quitter le labo même pour aller acheter le journal parce que soi-disant vous risquez de tomber dans la rue, résultat on se tape quatre heures à lire que des Paris Match). Pour suivre à la lettre le régime, il convient d’associer à tous les repas un féculent et deux légumes, et de se priver complètement de sucres rapides. En gros. Là je simplifie, en fait c’est beaucoup plus précis et compliqué. Alors le soir, vous rentrez chez vous après une bonne journée de boulot, vous allez récupérer votre gosse de deux ans en courant chez la nounou, vous êtes à la bourre, il faut faire dîner la gosse sus-mentionnée (qui fait un caprice parce qu’elle aime plus les haricots en boîte, du coup ça prend trois plombes). Après elle veut jouer, alors d’une main vous construisez avec elle une maison en légos et de l’autre, vous épluchez les légumes (attention : DEUX légumes différents) tout en faisant chauffer l’eau pour le riz et en faisant cuire la viande (avec vos autres mains.)
Pratique non ?
Et les médicaments. C’est bon aussi, la question des médicaments. C’est très clair : quand on est enceinte, on ne peut prendre que du PARACETAMOL. Tout le monde vous le dira. Eh bien en fait, c’est PAS VRAI. La recette est simple : si vous voulez prendre un vrai médicament, je veux dire, un truc efficace, entrez le nom dans Google. Par exemple : « codéine grossesse » . Sur l’ensemble des sites web que vous balance le moteur de recherche, les premiers sont toujours contre : « déconseillé pendant la grossesse », « par mesure de prudence il est conseillé de ne pas utiliser la codéine pour traiter la femme enceinte ». Ne vous découragez pas. Regardez les sites de la page 2. Vous finirez toujours par tomber sur celui qui dit : « il est possible d’utiliser la codéine à posologie usuelle quelque soit le terme de la grossesse ». Et en plus, vous avez du bol : c’est un site sérieux (en l’occurrence, celui du CRAT : Centre de Référence sur les Agents Tératogènes.) Et y’a pas de trucage, je vous assure, essayez vous-même vous verrez.
Bon à part ça, je n’ai toujours pas parlé de roman, ni de publication.... à croire que j'évite le sujet... ma foi c'est fort possible...!
13:15 Publié dans réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, grossesse, accouchement, alcool
17.10.2007
A la demande.
Eh bien, moi qui pensais avoir tout le temps ce matin de causer premier roman et galères de (tentative de) publication, voilà que depuis sept heures, je suis monopolisée par Bébé. La petite demoiselle ne me laisse pas de répit, et je suis bien en peine d’interpréter ses pleurs répétés. A défaut de la comprendre, je la nourris, et il semble que ça la calme… pour quelques minutes. Ah là là, les joies de l’allaitement « à la demande »… mais il paraît que c’est ce qu’il faut faire, tous les pros de l’allaitement au sein le disent ; alors j’essaie de me montrer obéissante, de faire taire la petite voix au fond de moi qui revendique un peu de liberté… !
Je veux bien passer la moitié de mon temps avec la gosse suspendue au mamelon, mais je voudrais être sûre de disposer dans la journée d’une heure entière avec l’usage de mes deux mains ! Soixante minutes de suite, sans interruption ! Voilà qui semble raisonnable comme exigence. Non ??
Eh bien non, car de nos jours les jeunes mamans sont supposées être aux ordres de leur Paquet Hurlant. « A la demande ».Voilà qui résume tout le problème. Etre soumise, toute la journée (et je ne parle pas de la nuit) aux besoins impérieux d’un petit être de cinquante centimètres. Et en plus, vous a-t-on bien expliqué à la maternité, « un tout-petit est incapable de différer ses besoins, on ne peut pas le faire attendre. » Autrement dit : au moindre cri, quoi que vous soyez en train de faire, précipitez-vous (et débrouillez-vous pour satisfaire le besoin exprimé par le cri en question. Si vous êtes une bonne mère, vous avez appris à décoder le sens de ce cri.
Est-ce un geignement ? un gémissement ? un grognement ? pleurs de faim, pleurs de rage, pleurs d’angoisse ? Euh… personnellement, je trouve qu’elle pleure toujours pareil. Mais je dois être une mauvaise mère.)Bon, je parlerai écriture et édition plus tard ; le timide « hein ! hein ! » que j’entends ne va pas tarder à se transformer en sanglot éperdu… ma demie-heure de grâce expire.
11:45 Publié dans réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : allaitement, bébé
16.10.2007
Ouverture
Coincée à la maison depuis une semaine avec Bébé numéro deux, à ne rien faire excepté nourrir le Bébé en question, changer le Bébé et essayer d'endormir le même Bébé, il m'est venu à l'esprit que je pourrais créér mon blog. Pas très original, puisque tout le monde le fait, mais nouveau pour moi. Cependant, je n'ai pas l'intention de narrer par le menu mon accouchement ou ma déprime post-partum (même si ce baby blues est peut-être à l'origine de mon soudain besoin d'épanchement), mais plutôt de parler écriture et édition.
C'est à la mode, je l'ai bien remarqué : tous les jeunes auteurs ou presque inondent le Web avec les lettres de refus des éditeurs, plus ou moins comiques (involontairement je suppose). Eh bien, je vais faire LA MEME CHOSE que les autres. Je suis sûre que ça soulage. Et, moins égoïstement, ça peut constituer un réconfort pour tous les auteurs en mal de publication d'avoir la preuve qu'ils ne sont pas les seuls à subir ces rejets impersonnels et secs d'une oeuvre à laquelle ils ont consacré tout leur temps libre de ces dix dernières années. Enfin, de ces derniers mois tout au moins, c'est déjà pas mal.
14:39 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


