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21.10.2007

c'est MAL

Ce matin j'ai repris le sport : j'ai un vélo elliptique chez moi, qui m'a coûté plus de mille euros. Faut bien rentabiliser la chose, surtout qu'il trône en plein milieu de mon séjour, sur un magnifique tapis d'Orient. Quand j'en ai fait l'acquisition, l'idée était de le rouler sous l'escalier après chaque utilisation afin de préserver l'harmonie du salon; mais, hélas, je n'ai pas la musculature du type de "fitness boutique", qui soulevait l'engin avec son petit doigt; moi, même avec les deux mains, je ne parviens pas à le déplacer d'un pouce. Heureusement, le fait de vivre dans un endroit entraîne assez rapidement qu'on ne le voit plus; sinon, je suis sûre que je serais tous les matins interloquée par la mocheté de la chose, comme le sont les gens qui viennent dîner chez nous et qui n'ont pas le temps de s'habituer , parce que nous, on aime bien quand les invités décampent pas trop tard, disons avant minjuit parce qu'on aime dormir; puis de toute façon les invités c'est surtout marrant si on peut boire, et comme enceinte je pouvais pas m'enfiler la même quantité de whisky que d'habitude, eh bien on n'a pas reçu beaucoup.

Alors dans la rubrique trucs scandaleux, parlons de l'alcool. Je viens d'avouer avoir repris le sport, quinze jours après l'accouchement, en sachant que c'est MAL ; mais j'ai fait pire... allez, parlons encore un peu de sport avant d'aborder le sujet qui fâche.

Le problème avec la reprise du sport, c'est : et le périnée??? que fait-on de notre AMI le périnée??? A dire vrai, avant de tomber enceinte, je ne savais même pas que j'en avais un, de périnée. Mais si, et non seulement ça mais il convient apparemment d'en faire grand cas : après la grossesse, l'urgence est de rééduquer le périnée. Et pour se faire, on vous convie à deux séances hebdomadaires chez la sage-femme qui introduit une sonde glacée dans votre vagin (et ça n'a vraiment rien d'érotique), laquelle transmet de petites impulsions électriques qui contractent le périnée. Un vrai bonheur. Par la suite, quand on a retrouvé un peu de musculature, on acquiert le privilège de contracter soi-même son périnée. Mais on garde quand même la sonde dans le vagin, sans ça où serait le plaisir; elle sert alors à mesurer la force des contractions et on a la joie de les voir sous forme d'une sinusoïde à l'écran. C'est vraiment gratifiant.

Donc, pour ceux qui ne connaissent rien à l'affaire, je précise qu'on ne doit pas, mais alors vraiment pas, reprendre le sport avant au moins une dizaine de séances. Et comme on ne doit pas commencer les dites séances avant, je crois, six semaines, ça fait disons deux ou trois mois à glandouiller sur son canapé, en regardant l'engin de mort qui continue de trôner au milieu du séjour, dont la laideur devient bizarrement frappante quand on ne l'utilise plus. C'est triste, comme s'il dépérissait faute de servir. Il est là, tout moche, tout seul, tout métallique et froid, immobile comme un mort... c'est tellement triste que ce n'est pas supportable. C'est pourquoi j’ai craqué ce matin, et, devant un épisode de House, j’ai enfin rescucité mon engin préféré. A l’heure qu’il est, il se porte très bien et a retrouvé sa belle brillance glacée, son maintien fier de laideur assumée.

Mais j’ai longuement digressé, sans doute de peur d’aborder le VRAI sujet scandaleux, qui ne devrait pas manquer de m’attirer l’opprobe générale si tant est qu’un internaute visite un jour mon blog (pas évident pour l’instant, étant donné qu’il ne semble référencé nulle part ; j’ai essayé tous les mots clé sous Google et rien ne marche. Mais je ne perds pas espoir.)

Voici la chose : je parlais du whisky, qui m’a beaucoup manqué. Eh bien, c’est vrai : je n’ai pas bu de whisky pendant ma grossesse, et je n’en ai pas repris depuis que j’allaite, mais… je dois confesser que j’ai bu DU VIN. Oh, fort peu ; mais encore beaucoup par rapport à la tendance actuelle de la tolérance zéro, comme on dit. C’est à dire, un verre tous les deux jours à peu près. Et il m’est arrivé d’en boire un verre entier deux soirs de suite. Et même certains soirs j’ai bu DEUX VERRES. Mais bon, seulement quand j’étais invitée quelque part, hein (et ça n’arrivait pas souvent, parce qu’on ne croule pas sous les invitations quand on a fait comprendre à ses « amis » qu’ils ne sont supportables qu’à petite dose, et en état d’ivresse –mon état, pas le leur.)

Pour ceux qui ne sont pas partis vomir dans les toilettes, je continue. Oui j’ai bravé l’interdit suprême, enfreint la morale qui ordonne : pendant ta grossesse, femme, arrête-toi de vivre car ta vie n’a plus d’importance maintenant que tu portes la génération à venir. OK j’exagère un petit peu, mais tout de même, n’est-ce pas en train de devenir insidieusement insupportable ? La combinaison du Principe de Précaution et la Sacralisation des Bébés est redoutable, surtout pour la pauvre mère. Mais le plus hallucinant, c’est que tout le monde marche à fond dedans. Je n’en reviens pas à quel point les femmes enceintes acceptent de suivre aveuglément les consignes de plus en plus draconiennes véhiculées par les médecins, les médias, les autres… ce qui m’amuse vraiment, ce sont les émissions de télévision sur l’Alcool chez la Femme Enceinte. Parce que les nanas, ce sont toujours des alcooliques finies, et forcément leurs gosses ont plein de problèmes. Et on en déduit qu’il ne faut pas boire UN SEUL VERRE de toute la grossesse. Beau raisonnement, franchement. Nos parents ne se posaient pas tant de questions (à l’époque il était même des mères qui FUMAIENT pendant la grossesse) ; ma mère m’a avoué avoir tranquillement continué de boire deux ou trois verres de vin par jour quand elle m’attendait (et pareil pour ma sœur). Peut-être sommes-nous de ce fait particulièrement débiles, mais ça va, on s’en est sorties quand même –cela dit, peut-être que si Maman s’était mise au jus d’orange, mon roman serait un chef d’œuvre et les éditeurs se l’arracheraient, qui sait. Tiens je vais derechef engueuler Maman. Je savais bien que c’était la faute de quelqu’un d’autre !

Pendant que j’y suis, autant avouer que je n’en suis pas restée là : non immunisée contre la toxo, j’ai cependant continué à manger des steaks saignants, de la salade (sans la laver au préalable à l’eau de Javel ; je sais pas vous mais je trouve que ça donne un sale goût) ; je me suis gavée de saumon fumé, de fromages à pâte molle, d’œufs de poisson, de tarama et de sushis ; alors qu’on me recommandait de me reposer, j’ai fait du sport jusqu’à la veille de l’accouchement (et j’ai quand même eu mon bébé à terme, comme quoi, hein.)

Continuons. J’étais censée suivre un régime parce que l’horrible test où on doit boire un sirop dégueu de sucre pur a révélé que j’avais une « intolérance au glucose » (après je me suis tapé en plus le test qui dure quatre heures et commence par l’ingestion de 100g de glucose, à savoir deux fois plus que pour le premier test, c’est absolument infect et en plus on vous laisse pas quitter le labo même pour aller acheter le journal parce que soi-disant vous risquez de tomber dans la rue, résultat on se tape quatre heures à lire que des Paris Match). Pour suivre à la lettre le régime, il convient d’associer à tous les repas un féculent et deux légumes, et de se priver complètement de sucres rapides. En gros. Là je simplifie, en fait c’est beaucoup plus précis et compliqué. Alors le soir, vous rentrez chez vous après une bonne journée de boulot, vous allez récupérer votre gosse de deux ans en courant chez la nounou, vous êtes à la bourre, il faut faire dîner la gosse sus-mentionnée (qui fait un caprice parce qu’elle aime plus les haricots en boîte, du coup ça prend trois plombes). Après elle veut jouer, alors d’une main vous construisez avec elle une maison en légos et de l’autre, vous épluchez les légumes (attention : DEUX légumes différents) tout en faisant chauffer l’eau pour le riz et en faisant cuire la viande (avec vos autres mains.)

Pratique non ?

Et les médicaments. C’est bon aussi, la question des médicaments. C’est très clair : quand on est enceinte, on ne peut prendre que du PARACETAMOL. Tout le monde vous le dira. Eh bien en fait, c’est PAS VRAI. La recette est simple : si vous voulez prendre un vrai médicament, je veux dire, un truc efficace, entrez le nom dans Google. Par exemple : « codéine grossesse » . Sur l’ensemble des sites web que vous balance le moteur de recherche, les premiers sont toujours contre : « déconseillé pendant la grossesse », « par mesure de prudence il est conseillé de ne pas utiliser la codéine pour traiter la femme enceinte ». Ne vous découragez pas. Regardez les sites de la page 2. Vous finirez toujours par tomber sur celui qui dit : « il est possible d’utiliser la codéine à posologie usuelle quelque soit le terme de la grossesse ». Et en plus, vous avez du bol : c’est un site sérieux (en l’occurrence, celui du CRAT : Centre de Référence sur les Agents Tératogènes.) Et y’a pas de trucage, je vous assure, essayez vous-même vous verrez.

Bon à part ça, je n’ai toujours pas parlé de roman, ni de publication.... à croire que j'évite le sujet... ma foi c'est fort possible...!

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